
Tom Byabagamba, ancien colonel de l’armée rwandaise et ex-commandant de la garde présidentielle de Paul Kagame, est mort le 25 août 2026 dans une prison militaire, à l’âge de 59 ans. Arrêté en août 2014 et condamné dans une affaire militaire controversée, il aura passé douze années derrière les barreaux. Deux jours après sa mort, sa famille affirme ne toujours pas connaître les circonstances de son décès.
L’annonce a été faite par son frère aîné, David Himbara, ancien conseiller de Paul Kagame aujourd’hui en exil. Dans un message publié le 25 août, il a annoncé la mort de son frère, sans donner de cause au décès. Une source proche de la famille a confirmé à l’Agence France-Presse que les autorités militaires avaient informé les proches de la disparition, mais que ceux-ci ne savaient pas encore de quoi Tom Byabagamba était mort.
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De la garde de Kagame à la prison
Tom Byabagamba avait appartenu au premier cercle militaire de Paul Kagame. Ancien officier des Forces de défense du Rwanda, il avait commandé la garde présidentielle, l’unité chargée de la protection du chef de l’État et des principaux responsables du régime.
Son parcours bascule en 2014. Il est arrêté le 18 août avec son beau-frère, le général à la retraite Frank Rusagara, lui aussi ancien haut responsable de l’armée rwandaise. Les deux hommes sont poursuivis devant la Haute Cour militaire dans une affaire portant notamment sur l’incitation à l’insurrection, des propos jugés susceptibles de provoquer des troubles et des critiques à l’égard du gouvernement. Byabagamba est également poursuivi pour des faits liés au drapeau national.
En mars 2016, la justice militaire le condamne à 21 ans de prison et lui retire son grade de colonel. En décembre 2019, la juridiction d’appel maintient sa condamnation mais ramène sa peine à quinze ans.
Il devait donc théoriquement retrouver la liberté en 2029. Il n’aura pas atteint cette échéance.
Une condamnation contestée par des organisations de défense des droits
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L’affaire Byabagamba-Rusagara avait rapidement dépassé le cadre de la justice militaire rwandaise. Human Rights Watch avait dénoncé les irrégularités du procès et fait état d’allégations sérieuses de torture et de manipulation de témoins. L’organisation considérait également que les poursuites s’inscrivaient dans une politique plus large de répression des voix critiques du pouvoir rwandais.
En décembre 2017, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire avait conclu que la détention de Byabagamba, de Rusagara et d’un autre militaire constituait une violation du droit international et demandé leur libération. Le gouvernement rwandais avait contesté cette appréciation.
Tom Byabagamba est ainsi resté derrière les barreaux jusqu’à sa mort, malgré les appels internationaux en faveur de sa libération.
Son beau-frère était mort en prison un an plus tôt
La disparition de Tom Byabagamba présente une autre particularité : elle intervient un peu plus d’un an après celle de Frank Rusagara, arrêté dans la même affaire.
Le général à la retraite est mort en mars 2025 après environ onze années de détention. Human Rights Watch avait alors indiqué que sa famille avait finalement appris qu’il souffrait d’un cancer. L’organisation avait également dénoncé les conditions de sa détention et le fait qu’il n’avait plus pu communiquer avec certains de ses proches pendant de longues années.
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Avec la mort de Byabagamba, les deux anciens hauts responsables militaires rwandais arrêtés ensemble en 2014 sont donc décédés en détention.
Une cause de décès toujours inconnue
C’est désormais la principale question autour de la mort de Tom Byabagamba.
Sa famille affirme ne pas avoir été informée de la cause du décès. Selon les informations disponibles au 27 août, aucune explication médicale officielle n’a été rendue publique. Les autorités rwandaises n’avaient pas non plus communiqué publiquement sur les circonstances de sa mort.
Cette absence d’explication intervient alors que l’ancien colonel avait passé douze années dans les prisons rwandaises et que son dossier avait déjà fait l’objet de critiques de la part d’organisations internationales.
Tom Byabagamba était autrefois chargé de protéger Paul Kagame. Il est finalement mort alors qu’il était toujours détenu par l’État qu’il avait servi. Pour sa famille, une question reste aujourd’hui sans réponse : de quoi est-il mort ?
Celine Dou















