
À quelques mois d’un nouvel hiver sous la menace des frappes russes, l’Ukraine fait face à une importante pression financière. Volodymyr Zelensky affirme que le ministère de la Défense doit trouver 27 milliards de dollars supplémentaires pour couvrir les besoins militaires de 2026 et préparer le début de l’année 2027. Kyiv cherche désormais à accélérer le soutien européen et envisage notamment d’obtenir plus rapidement une partie des financements européens prévus pour l’année prochaine.
Une facture militaire qui s’alourdit
La guerre contre la Russie ne se joue pas uniquement sur le front.
Pour Kyiv, elle se joue également dans les budgets, les contrats d’armement et la capacité à financer les soldats, les drones, les missiles et les équipements nécessaires pour poursuivre les opérations.
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Dimanche 23 août, Volodymyr Zelensky a reconnu l’ampleur du problème lors d’une rencontre avec des journalistes à Kyiv. Le président ukrainien a indiqué que le ministère de la Défense faisait face à un besoin de financement de 27 milliards de dollars.
Selon lui, cette situation résulte notamment d’une décision prise au début de l’année : une partie des ressources initialement prévues pour le second semestre 2026 a été utilisée plus tôt que prévu, notamment pour accélérer la production de drones et répondre aux besoins militaires immédiats.
« Au début de l’année, des décisions ont été prises au ministère pour utiliser effectivement les fonds du second semestre pendant le premier semestre », a expliqué le président ukrainien, selon les propos rapportés par plusieurs médias.
Le problème est désormais de reconstituer ces ressources alors que la guerre se poursuit à un rythme élevé.
27 milliards de dollars : où doit aller l’argent ?
Le chiffre annoncé par Zelensky ne correspond pas à une seule dépense.
Le président ukrainien a expliqué que 8 à 10 milliards de dollars étaient nécessaires immédiatement afin de garantir un début d’année 2027 suffisamment solide.
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Cette somme doit notamment permettre de financer à l’avance les armes et équipements dont l’armée aura besoin dès janvier et février prochains, mais également certaines capacités destinées à protéger la population contre les frappes russes.
Le reste, soit près de 20 milliards de dollars, doit principalement couvrir les dépenses urgentes des derniers mois de 2026.
Cela comprend notamment les salaires des militaires, les indemnisations versées aux familles des soldats tués au combat et d’autres dépenses liées à l’effort de guerre.
Le président ukrainien résume ainsi la situation : l’argent doit être trouvé rapidement, faute de quoi la pression financière risque de se transformer en difficulté opérationnelle.
Une partie de l’argent a déjà été consommée
L’explication donnée par Kyiv est importante pour comprendre l’origine de cette situation.
L’Ukraine a choisi de dépenser plus rapidement une partie de son budget militaire afin de répondre aux besoins du champ de bataille.
Les drones occupent une place particulière dans cette accélération.
Depuis plusieurs années, Kyiv développe massivement sa production nationale de drones afin de compenser certaines difficultés en matière d’artillerie, de missiles et d’effectifs.
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La stratégie ukrainienne consiste notamment à utiliser des drones de reconnaissance et d’attaque pour surveiller le front, frapper les positions russes et cibler les infrastructures militaires et logistiques situées parfois très loin de la ligne de contact.
Cette politique a cependant un coût considérable.
Les dépenses engagées plus tôt dans l’année réduisent mécaniquement les marges disponibles pour les mois suivants.
Kyiv veut anticiper l’hiver
L’urgence est également liée aux mois qui arrivent.
L’Ukraine se prépare à un nouvel hiver durant lequel elle s’attend à de nouvelles attaques russes contre ses infrastructures énergétiques et ses grandes villes.
La défense antiaérienne constitue donc l’une des principales priorités financières.
Le président ukrainien a déjà averti que Kyiv recevait moins de missiles antibalistiques qu’auparavant et a demandé à ses partenaires d’accélérer les livraisons d’intercepteurs. Le Conseil national de sécurité ukrainien avait fait de l’augmentation des capacités antibalistiques l’une des priorités de la préparation de l’hiver.
Le financement demandé ne concerne donc pas uniquement les combats sur le front.
Il doit également permettre de protéger les infrastructures essentielles et la population civile.
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Zelensky se tourne vers l’Europe
Face à cette urgence, le gouvernement ukrainien cherche de nouvelles sources de financement auprès de ses partenaires européens.
Zelensky a indiqué travailler notamment avec la France et l’Allemagne pour trouver une solution.
L’une des pistes défendues par Kyiv consiste à accélérer le versement d’une partie des financements européens prévus pour 2027, afin de disposer immédiatement des ressources nécessaires pour terminer 2026 et préparer les premiers mois de l’année suivante.
L’Ukraine attend par ailleurs un important soutien financier européen.
Zelensky évoque une enveloppe de 30 milliards d’euros dont Kyiv a besoin pour répondre à ses besoins budgétaires et militaires. Une partie de ces fonds reste toutefois liée à l’adoption de mesures législatives en Ukraine.
Le président ukrainien a donc appelé le Parlement à accélérer son travail afin de permettre le déblocage des financements.
Une demande qui met l’Europe sous pression
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La question financière devient de plus en plus délicate pour les partenaires européens de Kyiv.
L’Union européenne a prévu un mécanisme de financement important pour aider l’Ukraine à couvrir ses besoins jusqu’en 2027. Mais avancer une partie des sommes initialement prévues pour l’année suivante implique de modifier le calendrier financier établi.
Selon Euronews, Kyiv souhaite justement utiliser une partie du prêt européen de 90 milliards d’euros prévu pour soutenir l’Ukraine afin de combler le déficit actuel. Le dispositif européen a été structuré en deux tranches de 45 milliards d’euros, destinées respectivement à 2026 et 2027.
Cette demande place donc les capitales européennes devant un choix : apporter rapidement des fonds supplémentaires à l’Ukraine ou préserver le calendrier financier prévu jusqu’à la fin de 2027.
La guerre coûte toujours plus cher
Le problème ukrainien illustre une réalité plus large : après plus de quatre années de guerre à grande échelle, soutenir une armée moderne représente une charge financière gigantesque.
Il faut payer les soldats, remplacer les équipements détruits, acheter des munitions, produire des drones, entretenir les véhicules et les systèmes d’artillerie, mais aussi financer les défenses antiaériennes.
À cela s’ajoutent les indemnisations destinées aux familles des militaires tués ou blessés.
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L’effort financier ne se limite donc pas à l’achat d’armes.
Il concerne l’ensemble du fonctionnement de l’État en temps de guerre.
Une situation qui ne signifie pas que l’armée ukrainienne est à court d’argent aujourd’hui
Il convient toutefois de ne pas interpréter l’annonce de Zelensky comme la preuve que l’armée ukrainienne serait déjà incapable de combattre.
Lors de sa rencontre avec les journalistes, le président a indiqué que le manque de financement ne se faisait pas encore sentir directement sur le champ de bataille.
Le défi consiste surtout à éviter que cette situation ne se transforme en crise dans les prochains mois.
Autrement dit, Kyiv cherche à obtenir les ressources avant que le manque de financement ne produise des conséquences opérationnelles.
Cette anticipation est particulièrement importante alors que la Russie poursuit ses frappes et que l’Ukraine se prépare à une nouvelle campagne hivernale.
Des actifs russes gelés comme autre piste
Pour financer son effort de guerre, Kyiv regarde également du côté des avoirs russes gelés dans les pays occidentaux.
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Zelensky a évoqué l’utilisation de ces actifs comme l’une des solutions possibles pour combler une partie du besoin financier.
La question reste politiquement et juridiquement sensible en Europe, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer jusqu’où les États peuvent aller dans l’utilisation des avoirs russes immobilisés.
Mais pour Kyiv, ces fonds représentent une source potentielle de financement qui permettrait de réduire la dépendance aux contributions directes des contribuables européens.
Un nouveau test pour les alliés de Kyiv
Le problème financier intervient alors que l’Ukraine demande parallèlement davantage de systèmes de défense antiaérienne, de missiles intercepteurs et d’armes à longue portée.
La demande est donc double : plus d’argent et plus d’armes.
Or, les deux sont directement liés.
L’argent permet à l’Ukraine de financer sa propre industrie de défense et d’acheter des équipements étrangers. Il permet également aux entreprises ukrainiennes de poursuivre la production de drones et d’autres armes.
C’est pourquoi Zelensky insiste sur l’urgence de trouver les fonds.
Si les ressources financières arrivent trop tard, Kyiv risque de devoir réduire ou reporter certains contrats d’armement, alors même que les besoins militaires restent élevés.
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Moscou mise aussi sur la durée
Du côté russe, la guerre est également devenue une confrontation de capacités industrielles et financières.
Moscou continue de consacrer des ressources considérables à son effort militaire, tandis que l’Ukraine dépend encore fortement de l’aide de ses partenaires occidentaux.
Cette différence constitue l’un des principaux enjeux stratégiques du conflit.
La question n’est donc plus seulement de savoir quelle armée peut gagner une bataille particulière, mais quel camp peut maintenir son effort militaire le plus longtemps.
Pour Kyiv, l’aide internationale reste par conséquent indispensable.
Une course contre le temps
Avec 27 milliards de dollars à trouver, Volodymyr Zelensky lance un nouvel avertissement à ses partenaires.
Une partie de cette somme doit permettre de terminer correctement l’année 2026. Une autre doit préparer les premiers mois de 2027, notamment en matière d’armement et de défense antiaérienne.
Le président ukrainien cherche donc à convaincre les Européens d’accélérer leurs financements, tout en poursuivant les discussions avec les États-Unis et les autres partenaires de Kyiv.
Mais le dossier reste complexe.
L’Ukraine ne demande pas seulement une nouvelle enveloppe financière : elle demande à ses alliés de revoir le calendrier de leurs engagements afin de répondre à une urgence qui se rapproche.
Alors que la guerre entre dans une nouvelle phase et que l’hiver se profile, la capacité de Kyiv à maintenir son effort militaire dépendra autant de ses soldats et de ses armes que de sa capacité à trouver les milliards nécessaires pour continuer à les financer.
Rédaction DUNIA NEW’S















