Sénégal : Les litiges fonciers représentent 90 % des plaintes reçues par l’Ofnac
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✍️Par imam chroniqueur Babacar Diop
Le fléau des litiges fonciers continue de gangrener le paysage social et administratif du Sénégal. Selon Saliou Diop, chef de la division veille et stratégie de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), 90 % des plaintes reçues par l’institution sont liées à des conflits fonciers. Cette révélation a été faite lors d’une rencontre tenue récemment à Dakar.
La majorité de ces dossiers impliquent les collectivités territoriales, souvent au cœur de transactions opaques ou de décisions contestées. Le foncier apparaît ainsi comme un enjeu majeur de gouvernance et de transparence dans le pays.« Sous l’ancienne législation, de nombreuses personnes mises en cause ne répondaient même pas aux convocations de l’Ofnac », a regretté M. Diop.
Face à cette inertie, l’État a entrepris un renforcement des prérogatives de l’Office. Désormais, le président de l’Ofnac peut engager des poursuites contre toute personne refusant de comparaître sans motif valable. Il peut également transmettre le dossier au procureur.« Le refus de se présenter à une convocation de l’Ofnac peut désormais entraîner des poursuites pour obstruction. Cette avancée permet de redonner du poids à l’institution et d’instaurer une certaine rigueur dans le traitement des dossiers », a souligné Saliou Diop, cité par Sud Quotidien.
Le phénomène des litiges fonciers n’est pas nouveau, mais il a pris une ampleur inquiétante, comme en témoignent les récentes cartographies publiées par les autorités, répertoriant les zones les plus exposées aux conflits liés à la terre. Dans certains cas, ces tensions dégénèrent en conflits communautaires, révélant la fragilité du tissu social dans plusieurs localités.Face à cette situation, plusieurs acteurs, dont des artistes et activistes comme Fou Malade, ont appelé à l’organisation d’un dialogue national sur la question foncière.
Objectif : mettre à plat les pratiques actuelles et proposer une réforme structurelle pour sécuriser les droits des populations.
La multiplication des plaintes auprès de l’Ofnac est le symptôme d’un système à bout de souffle, où l’iniquité, la lenteur judiciaire et l’absence de transparence alimentent la méfiance citoyenne. La réforme de la gouvernance foncière apparaît désormais comme un impératif pour consolider la paix sociale et garantir une gestion équitable des terres, enjeu vital pour les générations présentes et futures.













