Tchad : à l’approche de la Tabaski, plus de 140 bêtes malades saisies à N’Djaména

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Une opération des services vétérinaires relance les inquiétudes autour des circuits informels de distribution de viande dans la capitale tchadienne.

À quelques jours de la célébration de la Tabaski, une importante saisie de bétail malade a été effectuée dans le quartier Machaga, situé dans le 8e arrondissement de N’Djaména. Selon plusieurs sources locales concordantes, les autorités sanitaires et vétérinaires ont découvert plus d’une centaine de bœufs ainsi qu’une quarantaine de moutons présentant des signes visibles de maladies et de dégradation physique avancée.

L’affaire suscite déjà une vive inquiétude dans l’opinion publique, alors que la fête du sacrifice représente l’une des périodes de plus forte consommation de viande au Tchad.

D’après les premiers éléments de l’enquête, les animaux auraient été acquis dans le cadre d’une opération humanitaire destinée à distribuer de la viande aux populations vulnérables pendant la Tabaski. Une ONG internationale, dont l’identité n’a pas encore été officiellement révélée, serait au cœur du dossier, en collaboration avec certains commerçants locaux.

Mais sur place, les services vétérinaires auraient rapidement constaté un état sanitaire alarmant des bêtes : maigreur extrême, lésions apparentes et suspicion de pathologies infectieuses. Face aux risques de contamination alimentaire, les autorités ont immédiatement interdit tout abattage et placé le cheptel sous séquestre.

Cette intervention rappelle les précédentes alertes sanitaires enregistrées dans la capitale tchadienne durant les périodes festives. En juin 2024 déjà, les ministères tchadiens de la Santé publique et de l’Élevage avaient procédé à la saisie d’une importante quantité de viande issue d’abattages clandestins à N’Djaména. Les autorités avaient alors dénoncé une “catastrophe sanitaire évitée de justesse”, certaines carcasses étant dans un état avancé de décomposition, selon des médias locaux relayés par Africa Press.

La Tabaski est traditionnellement marquée par des opérations de dons de moutons et de viande en faveur des familles défavorisées. Plusieurs ONG et associations humanitaires organisent chaque année des distributions à grande échelle au Tchad, notamment dans les quartiers populaires de N’Djaména.

En 2023, l’ONG Help Tchad, appuyée par le Secours Islamique France, avait par exemple distribué plusieurs tonnes de viande à des milliers de bénéficiaires dans la capitale tchadienne, dans le cadre d’une opération saluée par la population.

Mais cette nouvelle affaire risque de jeter une ombre sur certaines pratiques opaques liées à l’approvisionnement en bétail. Des observateurs locaux estiment que la forte demande en animaux à l’approche de la fête favorise parfois des circuits parallèles où les contrôles sanitaires sont insuffisants.

“Quand les prix montent et que la pression sociale devient forte, certains acteurs cherchent à écouler des animaux impropres à la consommation”, explique un analyste du secteur agro-pastoral joint par un média local sous couvert d’anonymat.

Les services compétents ont annoncé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les responsabilités exactes dans cette affaire. Les investigations devront notamment établir comment ces animaux ont été introduits dans la chaîne d’approvisionnement et identifier les personnes impliquées dans la transaction.

Les autorités sanitaires appellent par ailleurs les populations à redoubler de vigilance durant cette période de fête, notamment en vérifiant l’origine des viandes achetées ou distribuées.

Au Tchad, où la consommation de viande augmente fortement pendant la Tabaski, les marchés à bétail connaissent chaque année une activité intense. Des milliers de têtes sont écoulées dans les principaux points de vente de N’Djaména, selon plusieurs reportages réalisés ces dernières années par la presse tchadienne.

Pour de nombreux habitants, cette affaire remet surtout en lumière les défis persistants liés au contrôle sanitaire des denrées alimentaires dans un contexte économique difficile et de forte vulnérabilité sociale.

En attendant les conclusions officielles de l’enquête, les animaux saisis restent sous surveillance vétérinaire stricte, tandis que les autorités tentent d’éviter toute propagation de produits potentiellement dangereux sur les marchés de la capitale.

Rédaction DUNIA NEW’S.

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