Tchad : les enseignants de N’Djaména annoncent le boycott de la Journée mondiale des enseignants

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Tchad : les enseignants de N’Djaména annoncent le boycott de la Journée mondiale des enseignants

La Journée mondiale des enseignants, célébrée ce lundi 5 octobre 2026, prend une tournure particulière au Tchad. À N’Djaména, la section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) entend marquer cette journée par un boycott des activités officielles, sur fond de profond désaccord avec le bureau national du syndicat et de revendications toujours en attente de règlement.

La contestation intervient alors que les enseignants de la capitale réclament depuis plusieurs mois le paiement du reliquat de salaire retenu en février 2026, mais également des avancées sur leur statut professionnel et leurs conditions de travail.

Une journée symbolique placée sous le signe de la contestation

Au lieu d’une célébration ordinaire, les enseignants de N’Djaména veulent profiter de cette journée consacrée à leur profession pour rappeler leurs revendications.

Selon les informations rapportées autour du mouvement, la section de N’Djaména conteste notamment la suspension de son bureau exécutif par le bureau national du SET. Cette décision intervient dans un contexte de tensions syndicales qui opposent depuis plusieurs mois différentes composantes du syndicat sur la stratégie à adopter face au gouvernement.

La situation intervient alors que la section de N’Djaména est dirigée par Abdelkadre Djibia, secrétaire général provincial du SET. Ce dernier est régulièrement intervenu ces derniers mois pour porter les revendications des enseignants de la capitale.

Le demi-salaire de février au cœur de la colère

Parmi les principales revendications figure le remboursement de la moitié du salaire retenue en février 2026.

Cette retenue fait suite au mouvement de grève déclenché par les enseignants de N’Djaména en février. Dès cette période, le SET avait confirmé que les salaires des enseignants grévistes avaient été affectés par des retenues décidées par le gouvernement.

Depuis, le remboursement de cette somme est devenu l’un des principaux points de revendication du syndicat. En août dernier, la section de N’Djaména avait encore placé le versement de ce demi-salaire parmi ses trois exigences prioritaires pour la rentrée scolaire 2026-2027.

La question n’est d’ailleurs pas limitée à la capitale. En septembre, d’autres sections du SET, notamment dans le Chari-Baguirmi et le Salamat, réclamaient elles aussi le règlement de cette retenue salariale.

Le décret n°2850 également au centre des revendications

Les revendications des enseignants ne se limitent pas à la question salariale.

La section de N’Djaména réclame également la signature et l’application effective du protocole d’accord relatif au décret n°2850 portant statut particulier des enseignants.

Le SET dénonce notamment le non-respect d’un calendrier de négociations qui devait permettre d’aboutir à un accord avec le gouvernement. Le syndicat réclame également la levée du moratoire concernant les autorisations d’étude accordées aux enseignants.

Ces revendications avaient déjà conduit la section de N’Djaména à déposer un préavis de grève pour la période du 9 au 26 septembre 2026. Le syndicat avait alors prévenu qu’en l’absence de réponse favorable du gouvernement, de nouvelles actions pourraient être engagées.

Un conflit syndical qui complique davantage la situation

À ces revendications sociales et professionnelles s’ajoute désormais un désaccord interne au sein du SET.

La suspension du bureau exécutif de la section de N’Djaména constitue un nouveau sujet de tension. Elle intervient alors que les enseignants de la capitale cherchent déjà à maintenir la pression sur les autorités pour obtenir le règlement de leurs principales revendications.

Cette situation risque de compliquer davantage le dialogue entre les différentes composantes du mouvement syndical et le gouvernement.

Une rentrée scolaire sous tension

La contestation intervient quelques semaines seulement après les avertissements lancés par le SET à l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027.

En août, la section de N’Djaména avait prévenu que l’absence de réponses aux revendications pourrait perturber la nouvelle année scolaire.

Le dossier du demi-salaire reste par ailleurs inscrit dans les discussions sociales avec les autorités. Le 11 septembre, le Conseil tripartite de pilotage du Pacte de stabilité sociale et économique s’est notamment penché sur la question du reliquat de salaire de février, revendication portée depuis plusieurs mois par les syndicats d’enseignants.

Une journée mondiale qui intervient dans un climat social tendu

Le boycott annoncé à N’Djaména donne ainsi une dimension particulière à la Journée mondiale des enseignants 2026. Alors que cette journée est traditionnellement consacrée à la reconnaissance du rôle des enseignants et à la réflexion sur l’avenir de l’éducation, les revendications salariales et professionnelles occupent une place centrale dans le débat au Tchad.

Pour les enseignants concernés, l’enjeu dépasse désormais le seul paiement d’une retenue salariale. Ils demandent également la concrétisation des engagements pris sur leur statut, leurs droits professionnels et leurs conditions de travail.

Le gouvernement tchadien devra donc répondre à un dossier qui, depuis plusieurs mois, demeure l’une des principales sources de tension dans le secteur éducatif.

À ce stade, les éléments disponibles confirment l’existence et la persistance des revendications du SET de N’Djaména. En revanche, l’ampleur exacte du boycott des cérémonies de ce 5 octobre et la participation effective des enseignants aux activités prévues restent à préciser.

Rédaction DUNIA NEW’S

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