
La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a annoncé une importante saisie de cyanure à Bobo-Dioulasso. Au total, 2 200 fûts de ce produit chimique hautement toxique, estimés à près de 330 millions de FCFA, ont été interceptés alors qu’ils auraient été destinés à alimenter des sites d’orpaillage clandestins.
Une opération menée sur la base d’un renseignement
Selon les informations communiquées par la Coordination nationale de lutte contre la fraude, l’opération a été menée le 15 septembre 2026 aux environs de 21 heures par les agents de la Brigade d’enquêtes et de recherches de l’Ouest (BERO).
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Alertés par un renseignement faisant état d’un trafic suspect, les agents ont localisé un camion de 10 tonnes dans le secteur 18 de Bobo-Dioulasso. Les contrôles effectués ont permis de découvrir une importante quantité de cyanure transportée de manière frauduleuse.
Le coordonnateur national de la lutte contre la fraude, Dr Mohamadi Compaoré, a indiqué que la cargaison était destinée à approvisionner des réseaux d’orpaillage clandestin opérant en dehors de tout cadre légal.
Des méthodes de dissimulation sophistiquées
Selon les explications fournies par la CNLF, les personnes impliquées auraient tenté de contourner les contrôles en utilisant des sachets d’eau minérale pour masquer la présence du produit chimique.
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Cette méthode de dissimulation témoigne, selon les autorités, de l’ingéniosité croissante des réseaux de fraude opérant dans le secteur minier. Les enquêteurs estiment que le chargement intercepté représente environ 2 200 fûts de cyanure pour une valeur marchande évaluée à près de 330 millions de francs CFA.
Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués dans cette filière et de déterminer la destination finale du produit.
Un produit extrêmement dangereux
Le cyanure est largement utilisé dans l’industrie minière pour l’extraction de l’or. Toutefois, son utilisation est strictement réglementée en raison de sa forte toxicité.
Selon les autorités burkinabè, l’importation, le transport, le stockage et l’utilisation de cette substance sont soumis à des autorisations spécifiques et à des mesures de traçabilité rigoureuses. Toute manipulation en dehors du cadre légal expose les populations, les animaux et l’environnement à des risques majeurs.
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La CNLF rappelle régulièrement que la circulation clandestine de produits chimiques dangereux constitue une menace pour la santé publique et l’environnement, particulièrement dans les zones d’orpaillage où les normes de sécurité sont souvent inexistantes.
L’orpaillage clandestin dans le viseur des autorités
Cette nouvelle saisie intervient dans un contexte de renforcement de la lutte contre la fraude minière au Burkina Faso. Les autorités multiplient depuis plusieurs années les opérations contre les trafics de produits chimiques, d’explosifs et de matériels destinés aux exploitations illégales.
En avril 2025, la CNLF avait déjà intercepté sur l’axe Bobo-Bama une importante cargaison de cyanure dissimulée sous des sacs de tourteaux. La saisie portait alors sur 880 sacs de 50 kilogrammes, d’une valeur estimée à plus de 154 millions de FCFA.
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Pour les autorités, ces opérations traduisent l’ampleur du trafic de substances chimiques utilisées dans l’exploitation artisanale illégale de l’or, un phénomène qui continue de représenter un défi sécuritaire, économique et environnemental pour le pays.
Des enquêtes en cours
La Coordination nationale de lutte contre la fraude a indiqué que des investigations complémentaires sont en cours afin de remonter toute la chaîne de responsabilité.
Les personnes impliquées s’exposent à des sanctions prévues par la réglementation burkinabè encadrant les substances chimiques dangereuses, notamment la confiscation des produits, de lourdes pénalités financières et d’éventuelles poursuites judiciaires.
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Cette saisie figure parmi les plus importantes réalisées ces derniers mois dans la région de Bobo-Dioulasso et illustre la volonté des autorités de freiner l’approvisionnement des réseaux d’orpaillage clandestin en produits à haut risque.
Par la rédaction de DUNIA NEW’S















