Côte d’Ivoire : réélu à 100 % des voix, Guillaume Soro tend la main aux démissionnaires de GPS

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Côte d’Ivoire : réélu à 100 % des voix, Guillaume Soro tend la main aux démissionnaires de GPS

Reconduit à la tête de Générations et Peuples Solidaires (GPS) avec l’intégralité des suffrages exprimés, Guillaume Soro a choisi l’apaisement au lendemain de son élection. Depuis son exil, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne a adressé un message d’ouverture à ceux qui ont quitté son mouvement, tout en affichant sa volonté de poursuivre la restructuration de son organisation politique.

Une réélection sans suspense à la tête de GPS

Guillaume Kigbafori Soro conserve les rênes de Générations et Peuples Solidaires (GPS), le mouvement politique qu’il a fondé en 2019 après sa rupture avec le pouvoir ivoirien.

Réuni le 26 septembre 2026 dans le cadre de la deuxième session extraordinaire de la Conférence nationale d’expression citoyenne (CNEC), le mouvement a organisé l’élection de son président par voie électronique. Seul candidat en lice, Guillaume Soro a obtenu 1 767 voix sur 1 767 suffrages exprimés, soit 100 % des votes. Selon les chiffres communiqués par GPS, 1 767 membres ont participé au scrutin sur 2 860 électeurs inscrits, représentant un taux de participation de 61,8 %.

Cette réélection lui ouvre un nouveau mandat de cinq ans à la tête d’un mouvement qui continue d’exister malgré sa dissolution prononcée par la justice ivoirienne en juin 2021. Les responsables de GPS soutiennent toutefois que la procédure judiciaire reste pendante devant les juridictions compétentes et considèrent que le dossier n’est pas définitivement clos.

Un message d’apaisement à ceux qui ont quitté le mouvement

Au lendemain de sa réélection, Guillaume Soro a adopté un ton conciliant à l’égard des anciens cadres et militants qui ont choisi de quitter GPS au fil des années.

Dans une déclaration adressée à ses partisans, il a reconnu les difficultés traversées par le mouvement depuis plusieurs années, marquées notamment par l’exil de plusieurs responsables et les obstacles politiques et judiciaires auxquels l’organisation est confrontée.

« Il y a eu des doutes compréhensibles », a-t-il déclaré, estimant que certains départs pouvaient s’expliquer par la lassitude, le désaccord ou encore des choix stratégiques personnels.

L’ancien Premier ministre a affirmé ne nourrir aucun ressentiment envers ceux qui ont pris leurs distances avec GPS, préférant rendre hommage aux militants qui ont continué à porter le projet politique malgré les difficultés.

« Je vous promets le travail et la reddition des comptes »

Reconduit à la tête du mouvement, Guillaume Soro a également voulu rassurer sa base militante sur sa méthode de gouvernance.

« Je ne vous promets pas un chemin facile ni des résultats qui s’obtiendraient sans effort ; je vous promets le travail et la reddition des comptes », a-t-il déclaré devant les membres de son mouvement.

Selon plusieurs médias ayant relayé son intervention, le leader de GPS souhaite désormais engager son organisation dans une nouvelle phase axée sur la structuration, la gouvernance interne et la préparation à d’éventuelles échéances politiques futures.

Il a notamment annoncé plusieurs chantiers destinés à renforcer l’implantation du mouvement sur l’ensemble du territoire ivoirien, à former une nouvelle génération de responsables et à élaborer un projet politique pour l’avenir.

Une démonstration de résilience politique

Pour Guillaume Soro, cette réélection constitue également un signal adressé à ceux qui prédisaient la disparition de GPS après sa dissolution par la justice.

« Nous avons accompli l’impossible en tenant sept ans sans céder, sans disparaître, sans nous renier », a-t-il affirmé, assurant que les pronostics annonçant l’effacement de son mouvement ne se sont pas réalisés.

Plusieurs observateurs estiment toutefois que le principal défi du mouvement demeure sa capacité à maintenir une présence politique effective sur le terrain ivoirien alors que son leader vit toujours hors du pays. Selon le politologue Geoffroy Julien Kouao, cité par RFI, la relance de la dynamique politique de GPS passe en grande partie par la question du retour de Guillaume Soro en Côte d’Ivoire.

Des départs vers le RHDP

Cette réélection intervient dans un contexte marqué par plusieurs défections au sein de GPS.

Ces derniers mois, plusieurs cadres du mouvement ont choisi de rejoindre le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le parti au pouvoir. Ces départs ont alimenté les interrogations sur l’avenir de la formation politique fondée par Guillaume Soro.

Malgré cette situation, le président réélu affirme vouloir poursuivre le travail de réorganisation et de mobilisation des militants restés fidèles à son projet.

Un avenir toujours suspendu à l’équation judiciaire

Ancien Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro vit en exil depuis plusieurs années après son retour avorté en Côte d’Ivoire fin 2019.

Condamné par contumace dans plusieurs affaires par la justice ivoirienne, il demeure l’une des figures les plus controversées de la scène politique nationale. Son mouvement, officiellement dissous depuis 2021, continue néanmoins d’organiser ses activités depuis l’étranger et de maintenir un réseau de militants en Côte d’Ivoire comme au sein de la diaspora.

À travers cette réélection et le discours d’ouverture qui l’a accompagnée, Guillaume Soro cherche visiblement à afficher l’image d’un mouvement toujours actif malgré les revers politiques et judiciaires. Reste à savoir si cette stratégie permettra à GPS de retrouver une influence significative dans le paysage politique ivoirien des prochaines années.

Rédaction DUNIA NEW’S

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