
Le président du Faso, Ibrahim Traoré, veut tirer les enseignements des difficultés du football burkinabè. À l’occasion de la réception des Étalons U20, sacrés champions de l’UFOA-B 2026, le chef de l’État a laissé entendre qu’une nouvelle approche était en préparation pour le secteur. Sans dévoiler les contours de cette réforme, il assure vouloir comprendre les problèmes qui persistent dans le football national et changer de méthode.
Le sacre des U20 comme point de départ
Le football burkinabè vient de connaître l’un de ses moments forts de l’année.
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Le 9 août 2026, à Yamoussoukro, les Étalons U20 ont remporté le tournoi UFOA-B de leur catégorie en dominant largement le Nigeria en finale, sur le score de 4 buts à 1.
Le Burkina Faso décroche ainsi son premier titre dans cette compétition et valide, dans le même temps, son billet pour la Coupe d’Afrique des nations U20 2027, prévue au Ghana.
Cette performance est d’autant plus notable que les Burkinabè ont réalisé un parcours convaincant durant le tournoi. Après leur victoire en demi-finale contre le Niger, les Étalons ont retrouvé le Nigeria en finale, quelques jours après l’avoir déjà battu en phase de groupes.
En finale, les joueurs dirigés par Oscar Barro ont rapidement pris le contrôle de la rencontre. Alassane Bagayogo, Lookman Tapsoba et Issouf Dabo ont permis au Burkina Faso de mener 3-0 à la pause. Fadil Adama Barro a ensuite inscrit le quatrième but burkinabè en fin de rencontre.
Une victoire qui offre donc au pays un trophée régional, mais également une qualification continentale.
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aIbrahim Traoré : « Peut-être que nous n’avions pas la bonne approche »
C’est dans ce contexte que le président Ibrahim Traoré a annoncé ce qui ressemble à une réflexion plus profonde sur la manière dont le football burkinabè est géré.
Lors de la réception des jeunes champions, le chef de l’État a reconnu l’existence de difficultés dans le secteur et évoqué des problèmes qui, selon lui, ne sont pas toujours exposés publiquement.
«« Je sais qu’il y a des difficultés, je sais qu’il y a beaucoup de choses qui ne se disent pas, mais je saurai tout, s’il plaît à Dieu. »»
Le président burkinabè a ensuite laissé entendre que les méthodes utilisées jusqu’ici pouvaient être remises en question.
«« Peut-être que nous n’avions pas la bonne approche, ni la bonne manière de faire. »»
Avant d’annoncer une évolution dans la conduite du secteur :
«« À partir de maintenant, nous allons tout faire pour changer de méthode et adopter une nouvelle manière de faire. »»
Ibrahim Traoré n’a cependant pas détaillé les mesures envisagées.
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Il s’est contenté d’indiquer qu’un travail était déjà en préparation et que les acteurs du football seraient informés ultérieurement.
«« Nous sommes en train de préparer quelque chose et, d’ici là, vous serez mis au courant. »»
Une annonce qui intervient après plusieurs chantiers
Même si les contours de cette nouvelle orientation ne sont pas encore connus, l’annonce intervient alors que plusieurs initiatives ont déjà été engagées autour du football burkinabè.
La Fédération burkinabè de football a notamment procédé en juin à la nomination de nouveaux entraîneurs à la tête de plusieurs sélections nationales de jeunes. Oscar Barro a ainsi été nommé entraîneur titulaire des U20 garçons.
Quelques jours plus tard, la Fédération a également organisé à Bobo-Dioulasso un atelier national de cadrage et de labellisation des structures de formation des footballeurs.
Cette initiative visait notamment à mieux structurer la formation des jeunes joueurs.
Le chantier de la formation apparaît donc déjà comme l’un des axes sur lesquels les autorités sportives cherchent à agir.
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La formation des jeunes au cœur des enjeux
Le succès de la génération U20 pourrait justement renforcer l’idée qu’une politique de formation mieux structurée peut produire des résultats.
Avant leur départ pour la Côte d’Ivoire, les Étalons U20 avaient effectué plusieurs semaines de préparation. Le premier regroupement avait réuni 35 joueurs, avec plusieurs matches amicaux destinés à permettre au staff d’évaluer les éléments susceptibles d’intégrer le groupe final.
La compétition a finalement confirmé le potentiel de cette génération.
Mais le véritable défi sera désormais de transformer cette réussite ponctuelle en un système durable capable de produire régulièrement des joueurs de haut niveau pour les sélections nationales et les clubs.
La qualification pour la CAN U20 2027 constitue à cet égard une nouvelle étape. Le Burkina Faso devra désormais préparer cette compétition avec l’ambition de confirmer au niveau continental les progrès réalisés sur la scène ouest-africaine.
Une réflexion qui dépasse les Étalons U20
Les propos du président Ibrahim Traoré ne semblent toutefois pas concerner uniquement la sélection U20.
Lorsqu’il évoque une « nouvelle manière de faire », le chef de l’État ne précise pas si cette réforme concernera la Fédération, les sélections nationales, les clubs, les centres de formation, les infrastructures ou encore la gouvernance du football.
Il faudra donc attendre les annonces promises par les autorités avant de déterminer précisément la portée de cette nouvelle orientation.
Le contexte montre néanmoins que la question du développement du football occupe une place croissante dans les politiques sportives du Burkina Faso.
En juin dernier, lors d’une rencontre avec les ministres chargés de la Jeunesse des pays membres de la Confédération des États du Sahel, Ibrahim Traoré avait déjà insisté sur l’importance de la jeunesse et sur la nécessité de mieux encadrer cette force vive.
Le sport peut ainsi être considéré comme l’un des leviers de cette politique en direction de la jeunesse.
Le succès des U20 met aussi la pression sur la suite
Le paradoxe est désormais clair : au moment où les Étalons U20 offrent au Burkina Faso son premier titre UFOA-B dans cette catégorie, le président de la République reconnaît que le fonctionnement du football national doit encore évoluer.
Le trophée remporté à Yamoussoukro constitue donc à la fois une récompense et une occasion de réfléchir à l’avenir.
La performance des jeunes joueurs montre qu’il existe un potentiel. La question est désormais de savoir comment l’État et les responsables du football burkinabè pourront mieux l’accompagner.
La Fédération a déjà engagé des travaux autour de la formation et de la structuration des sélections de jeunes. Le président Ibrahim Traoré annonce, de son côté, une nouvelle méthode, sans encore en révéler le contenu.
Une « nouvelle manière de faire » encore à définir
Pour l’instant, aucun calendrier détaillé ni aucune réforme précise n’a été officiellement annoncé dans les propos rapportés.
Il serait donc prématuré de parler d’une réforme complète du football burkinabè.
Mais le message présidentiel est suffisamment clair : le statu quo n’est plus présenté comme une option.
Après le sacre des Étalons U20, Ibrahim Traoré veut comprendre les difficultés du secteur, identifier ce qui n’a pas fonctionné et revoir, si nécessaire, les méthodes utilisées jusqu’ici.
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Reste maintenant à connaître le contenu de ce que le chef de l’État présente comme « quelque chose » en préparation.
Pour le football burkinabè, le véritable enjeu sera de faire en sorte que le titre de Yamoussoukro ne soit pas seulement une belle parenthèse, mais le point de départ d’une nouvelle dynamique.
Le trophée est acquis. La qualification pour la CAN U20 est obtenue. La prochaine étape sera de savoir quelle « nouvelle manière de faire » Ibrahim Traoré entend réellement mettre en place pour permettre au football burkinabè de franchir un nouveau cap.
Rédaction DUNIA NEW’S















