Cameroun/Suspension des ONG: les organisations de la société civile camerounaise parlent d’une » atteinte à la liberté d’association et « d’étouffer l’espace civique »

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Dans un communiqué très ferme publié le 9 décembre 2024, elles ont décrit les actions du ministère de l’Administration territoriale (MINAT) comme une atteinte sans précédent à la liberté d’association et une tentative calculée d’étouffer l’espace civique.

Ces actions, selon les dirigeants de la société civile, sont basées sur des allégations infondées et qui selon eux n’ont aucun fondement juridique ou factuel.

L’interpellation de la société civile

« Il s’agit d’une attaque directe contre la démocratie et les droits de l’homme », a déclaré l’avocate Alice Nkom une défenseure respectée des droits de l’homme et l’une des signataires du communiqué.

Des acteurs comme Dr Hilaire Kamga et l’avocat Nkongho Felix Agbor-Balla, ont dénoncé les actions du gouvernement comme étant « non seulement inconstitutionnelles » mais aussi « une violation flagrante des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme » auxquels le Cameroun est partie.

Une atteinte à la démocratie

Les suspensions sont intervenues quelques jours seulement après que le REDHAC a déposé une pétition demandant au Comité des droits de l’homme des Nations Unies d’enquêter sur les cas de torture au Cameroun.

Les observateurs notent que ces décisions semblent viser des organisations qui ont toujours tenu le gouvernement responsable des violations des droits de l’homme.

En restreignant les activités de ces organisations, le gouvernement camerounais envoie un message effrayant à la société civile, a déclaré le Dr Richard Makon un autre signataire de ce communiqué de la société civile.

« Ces mesures sont incompatibles avec les obligations démocratiques du Cameroun, en particulier à l’approche d’un cycle électoral instable en 2025. » a-t-il prévenu.

Appel à un changement de paradigme

Les dirigeants de la société civile exhortent le gouvernement à annuler immédiatement les suspensions et à rétablir les droits de ces organisations.

Ils soulignent que REDHAC et Reach Out ont toujours opéré dans le cadre juridique établi par la loi camerounaise et ont maintenu la transparence financière.

Ce communiqué, signé par une coalition de plus de 20 défenseurs des droits de l’homme et organisations de la société civile, prévient que le fait de ne pas revenir sur ces décisions risque d’isoler davantage le Cameroun sur la scène internationale et d’exacerber les tensions sociopolitiques existantes notamment avec en la crise séparatiste anglophone en cours.

Alors que le Cameroun fait l’objet d’une surveillance croissante concernant son bilan en matière de droits de l’homme, les dirigeants de la société civile appellent la communauté internationale à intervenir et à demander des comptes au gouvernement.

Ils soulignent qu’un espace civique dynamique est essentiel pour relever les défis urgents du pays et à garantir un processus démocratique pacifique et inclusif avant les élections de 2025.

En rappel, le ministère de l’administration territoriale a suspendu REDHAC pour trois mois . Le gouvernement a aussi suspendu Reach Out Cameroun , une ONG pour trois mois au motif que l’organisation ne pouvait pas justifier la destination de son financement.

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