
À N’Djamena, une affaire de violence entre coépouses a conduit un homme devant le Tribunal de grande instance alors que la femme soupçonnée d’avoir commis l’agression reste introuvable. Le parquet a demandé la relaxe du mari, poursuivi notamment pour complicité, recel de malfaiteur et abstention coupable d’empêcher un crime ou un délit.
Une agression à l’huile bouillante
Le Tribunal de grande instance de N’Djamena a examiné, lundi 14 septembre 2026, une affaire opposant deux coépouses. Selon les faits exposés à l’audience, l’une des femmes aurait aspergé sa coépouse d’huile bouillante au visage.
Après l’agression présumée, la mise en cause aurait quitté les lieux et demeure depuis introuvable. Cette fuite donne à l’affaire une dimension judiciaire particulière : alors que la femme soupçonnée de l’agression n’est pas présente devant les juges, son mari se retrouve, lui, poursuivi dans le cadre de la même affaire.
Le mari poursuivi malgré l’absence de l’accusée
Père de quinze enfants, l’homme est détenu préventivement à la maison d’arrêt de Klessoum. Le parquet lui reproche notamment des faits de complicité, de recel de malfaiteur et d’abstention coupable d’empêcher un crime ou un délit.
Au cœur des accusations figure son attitude après les faits. Il lui est notamment reproché d’avoir refusé de coopérer avec les forces de l’ordre et de ne pas avoir facilité la localisation de sa conjointe en fuite.
Le prévenu conteste ces accusations. À la barre, il a nié toute implication dans l’agression et affirmé ne pas savoir où se trouvait la femme recherchée.
Le parquet demande la relaxe
La situation du prévenu a donné lieu à une position particulière du ministère public. Le parquet a demandé sa relaxe au bénéfice du doute, estimant notamment qu’il n’était pas l’auteur direct de l’agression et que les éléments permettant d’établir sa responsabilité demeuraient insuffisants.
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La défense a également sollicité sa mise en liberté provisoire, en mettant en avant sa situation familiale. L’homme est père de quinze enfants. Les avocats ont par ailleurs relevé que les deux femmes concernées par l’affaire sont enceintes.
Ces éléments ont provoqué des réactions dans la salle d’audience, jusqu’à susciter l’hilarité de certains présents. Mais derrière cette réaction, le dossier porte sur une agression dont les conséquences pour la victime restent au centre de la procédure.
La partie civile réclame des garanties
Le conseil de la partie civile a rappelé l’importance de la localisation et de l’audition de la femme recherchée. Pour la partie civile, toute décision favorable au prévenu doit être accompagnée de garanties permettant de poursuivre les investigations et de retrouver la personne en fuite.
Le dossier présente ainsi deux situations distinctes que le tribunal doit examiner : d’un côté, l’agression présumée de la coépouse ; de l’autre, les accusations portées contre le mari concernant son comportement après les faits.
Cette distinction est importante sur le plan judiciaire. La fuite de la principale suspecte ne suffit pas, à elle seule, à établir la responsabilité pénale de son mari. De même, la demande de relaxe formulée par le parquet ne constitue pas encore une décision de justice.
Une nouvelle audience le 21 septembre
Le Tribunal de grande instance de N’Djamena a renvoyé l’affaire au 21 septembre 2026, pour délibéré ou complément d’information.
D’ici là, le mari reste détenu préventivement à la maison d’arrêt de Klessoum, tandis que la femme soupçonnée d’avoir aspergé sa coépouse d’huile bouillante demeure recherchée.
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L’affaire illustre surtout une difficulté classique de la justice pénale : établir la responsabilité de chacun à partir de faits distincts, alors que l’un des principaux protagonistes reste en fuite. Le tribunal devra donc déterminer ce qui peut être juridiquement reproché au mari, indépendamment de l’agression imputée à son épouse.
Celine Dou















