
La polémique autour des déclarations de Koné Katinan sur l’orpaillage illégal, la drogue et le blanchiment d’argent prend une tournure judiciaire. Le RHDP entend saisir la justice contre le responsable du PPA-CI, dont les propos sont jugés diffamatoires par le parti au pouvoir.
Le bras de fer politique entre le RHDP et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) connaît un nouvel épisode. Quelques jours après la sortie très offensive de Justin Koné Katinan, le parti au pouvoir envisage désormais une réponse judiciaire aux accusations formulées par le quatrième vice-président du PPA-CI.
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Selon plusieurs informations publiées le 7 septembre 2026, le RHDP aurait saisi, ou serait en train de saisir, les juridictions compétentes contre Koné Katinan. Une source évoque notamment des griefs de « diffamation, injures et fausses nouvelles ». La même source affirme que la démarche ne viserait pas uniquement le responsable politique, mais également la direction du PPA-CI.
À ce stade, toutefois, aucune copie de la plainte ni aucun communiqué officiel du parquet confirmant son dépôt n’a été rendu public dans les sources consultées. Une autre publication datée du même jour indique que le RHDP va porter plainte et présente la démarche comme une réaction aux propos de Katinan.
À l’origine de la controverse, une sortie très offensive de Katinan
La polémique trouve son origine dans la 52ᵉ Tribune du PPA-CI, organisée le jeudi 3 septembre 2026 à Abidjan. La rencontre était consacrée à l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire et avait pour thème : « Orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire : de la clandestinité à l’illégalité, la responsabilité exclusive du RHDP ».
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Durant son intervention, Koné Katinan a développé une lecture politique du phénomène de l’orpaillage illégal. Il a notamment soutenu que celui-ci ne pouvait pas être considéré comme un phénomène isolé et a directement mis en cause la gouvernance du RHDP.
S’appuyant sur différents travaux et rapports consacrés à l’exploitation artisanale de l’or, le responsable du PPA-CI a affirmé que l’orpaillage illégal concernait 29 régions sur 31, chiffre qu’il a attribué aux données gouvernementales présentées lors de son intervention. Il a demandé, entre autres, l’établissement d’une cartographie précise des sites d’orpaillage afin de mieux lutter contre le phénomène.
Mais son intervention est allée au-delà de la seule question minière. Dans le document présenté lors de cette Tribune, le PPA-CI établit un lien entre l’orpaillage clandestin et plusieurs autres phénomènes, citant notamment le blanchiment d’argent, la corruption, la drogue, la prostitution et la criminalité comme des dérives qu’il associe à la gouvernance du RHDP.
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« La drogue est le seul produit… » : la phrase qui fait polémique
Une autre déclaration de Koné Katinan a particulièrement retenu l’attention. Évoquant la situation du trafic de drogue en Côte d’Ivoire, il a lancé : « La drogue est le seul produit dont le RHDP a réussi à faire baisser le prix. » Cette formule a provoqué de vives réactions dans les rangs du parti présidentiel.
Le président de la Coalition des Organisations pour la Stabilité Africaine, la Cohésion et l’Inclusion (COSACI), Kader Fofana, a été l’un des premiers à répondre publiquement. Dans un communiqué publié le 5 septembre, il a accusé Koné Katinan de tenir des propos « irresponsables » et a considéré ses déclarations comme relevant davantage, selon lui, de la diffamation que du débat politique.
Cette réaction a contribué à faire monter la pression autour du dossier.
Le RHDP veut désormais des comptes devant la justice
Après les réactions politiques et médiatiques, le dossier prend donc une dimension judiciaire.
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Selon les informations rapportées le 7 septembre, le RHDP entend demander à Koné Katinan de répondre devant la justice aux accusations formulées contre le parti et sa gouvernance. Le parti présidentiel conteste ainsi les affirmations du responsable du PPA-CI et souhaite que celui-ci puisse, le cas échéant, en apporter les preuves devant les autorités judiciaires.
La démarche, si elle est effectivement enregistrée auprès du parquet, pourrait ouvrir un nouveau front dans les relations déjà très tendues entre le RHDP et le PPA-CI.
Il convient cependant de distinguer l’annonce ou l’intention de porter plainte d’une plainte effectivement enregistrée par le parquet. Tant qu’un document judiciaire ou une confirmation officielle des autorités compétentes n’est pas disponible, la prudence reste de mise sur la procédure exacte engagée.
Une nouvelle bataille politique autour de l’orpaillage
Cette controverse intervient alors que la lutte contre l’orpaillage illégal est devenue une priorité affichée des autorités ivoiriennes.
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Le Conseil national de sécurité a récemment arrêté plusieurs mesures destinées à renforcer la lutte contre le phénomène. Parmi les décisions annoncées figurent notamment la création de pelotons fluviaux, le renforcement du dispositif opérationnel et le durcissement des mesures contre les acteurs de l’orpaillage clandestin. Le gouvernement s’est fixé un objectif de six mois pour intensifier la lutte contre le phénomène.
Le sujet est donc désormais au croisement de deux débats : la lutte contre un phénomène économique, environnemental et sécuritaire que les autorités reconnaissent comme préoccupant, et la bataille politique sur la responsabilité de son expansion.
Pour le PPA-CI, l’orpaillage illégal constitue un révélateur des failles de la gouvernance actuelle. Pour le RHDP, les accusations portées par Koné Katinan franchissent, selon ses responsables et soutiens, les limites du débat politique.
La justice pourrait désormais être appelée à examiner une partie de cette controverse, si la plainte annoncée est effectivement enregistrée et donne lieu à une procédure.
Rédaction DUNIA NEW’S















