
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema effectue depuis le 20 juillet une visite d’État de trois jours en France. Reçu par son homologue Emmanuel Macron, il est accompagné d’une délégation gouvernementale et économique venue défendre plusieurs dossiers jugés prioritaires pour le développement du Gabon. Au premier rang figure la transformation locale du manganèse, ressource dont le pays est l’un des principaux producteurs mondiaux.
Au palais de l’Élysée, les entretiens entre les deux chefs d’État portent sur les relations bilatérales, les investissements, la coopération militaire, l’énergie et les perspectives économiques entre Paris et Libreville. Mais le manganèse occupe une place centrale dans les discussions.
Le gouvernement gabonais veut accélérer l’industrialisation de cette filière afin que le minerai soit davantage transformé sur le territoire national avant son exportation. Cette orientation s’inscrit dans la politique économique défendue par Brice Clotaire Oligui Nguema depuis son arrivée au pouvoir. Les autorités estiment que la transformation locale permettra de créer davantage d’emplois, de renforcer le tissu industriel et d’accroître les revenus tirés de cette richesse minière.
Cette ambition concerne directement les partenaires présents au Gabon, notamment le groupe français Eramet, à travers sa filiale Comilog, qui exploite les gisements de Moanda. Libreville souhaite que les investissements futurs accompagnent cette montée en puissance de l’industrie locale et le développement des capacités de transformation.
La coopération militaire figure également parmi les principaux sujets de cette visite. Les deux pays poursuivent leurs échanges sur l’avenir du dispositif militaire français au Gabon. Depuis plusieurs mois, Paris et Libreville travaillent à faire évoluer cette coopération vers un modèle davantage axé sur la formation et le renforcement des capacités des forces armées gabonaises.
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Au-delà des accords susceptibles d’être annoncés, cette visite traduit la volonté du Gabon de consolider ses relations avec la France tout en défendant une vision fondée sur la valorisation de ses ressources naturelles et le développement de son économie. Pour Libreville, l’objectif n’est plus seulement d’exporter des matières premières, mais de créer davantage de valeur sur son propre territoire.
Dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à transformer localement leurs ressources minières, le Gabon entend faire du manganèse un levier de son industrialisation et de sa diversification économique. Les conclusions de cette visite permettront de mesurer jusqu’où cette ambition pourra être accompagnée par ses partenaires internationaux.
Celine Dou















