
À l’approche des élections législatives israéliennes du 27 octobre, Benjamin Netanyahou relance la controverse sur les défaillances qui ont précédé l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Le Premier ministre affirme désormais que des responsables militaires et sécuritaires avaient connaissance de signes inquiétants, mais auraient délibérément choisi de ne pas le réveiller, par crainte qu’il ordonne une mobilisation générale.
Près de trois ans après l’attaque la plus meurtrière jamais subie par Israël en une seule journée, la question de la responsabilité du 7 octobre revient au cœur du débat politique israélien.
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Benjamin Netanyahou affirme aujourd’hui que, dans les heures précédant l’assaut du Hamas, les principaux responsables de la sécurité israélienne disposaient de suffisamment d’éléments inquiétants pour comprendre qu’une attaque pouvait se préparer.
Selon le Premier ministre, ils auraient pourtant décidé de ne pas le réveiller.
Lors d’une récente intervention, puis dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Netanyahou a soutenu que les responsables de l’appareil sécuritaire savaient qu’il aurait immédiatement ordonné une mobilisation beaucoup plus importante s’il avait été alerté.
« S’ils m’avaient réveillé, tout aurait été différent », affirme-t-il en substance.
Le chef du gouvernement va même plus loin : selon son récit, son réveil aurait pu permettre d’empêcher l’attaque du Hamas telle qu’elle s’est produite.
Ce que Netanyahou dit qu’il aurait fait
Pour appuyer son argument, le Premier ministre détaille les mesures qu’il aurait, selon lui, ordonnées s’il avait été informé suffisamment tôt.
Il affirme qu’il aurait demandé de mettre l’ensemble de l’armée en état d’alerte, de prévenir les communautés situées près de la frontière avec Gaza, de mobiliser les équipes de sécurité locales et de placer l’armée de l’air en position d’intervenir.
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Il assure également qu’il aurait ordonné aux forces israéliennes d’empêcher toute personne venant de Gaza de s’approcher de la barrière frontalière.
Netanyahou estime même qu’une alerte suffisamment précoce aurait pu permettre d’annuler le festival de musique Nova, devenu l’un des principaux symboles du massacre du 7 octobre.
Selon The Times of Israel, le Premier ministre a toutefois reconnu qu’il ne pouvait pas garantir que personne n’aurait réussi à franchir la frontière. Son argument est plutôt que l’ampleur de l’attaque aurait pu être radicalement différente.
Une accusation particulièrement lourde contre l’appareil sécuritaire
La nouveauté dans le discours de Netanyahou ne réside pas seulement dans le fait qu’il affirme qu’il aurait pu empêcher une partie de l’attaque.
Il accuse désormais explicitement certains responsables de la sécurité d’avoir délibérément choisi de ne pas le réveiller.
Selon sa version des événements, les chefs militaires et sécuritaires estimaient que le Hamas était dissuadé et ne voulait pas déclencher une guerre de grande ampleur.
Ils auraient donc privilégié un niveau d’alerte discret afin d’éviter ce qu’ils considéraient comme une possible « erreur de calcul ».
Netanyahou affirme qu’ils savaient qu’en le réveillant, il aurait probablement ordonné une mobilisation massive et des frappes préventives, ce qui, selon eux, aurait pu provoquer précisément l’affrontement qu’ils cherchaient à éviter.
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Le Premier ministre cite notamment l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, ainsi que l’ancien chef d’état-major Herzi Halevi et l’ancien chef du renseignement militaire Aharon Haliva.
Mais cette version est contestée.
Ronen Bar affirme avoir demandé que Netanyahou soit informé
L’un des éléments les plus importants du dossier concerne justement Ronen Bar.
Dans un affidavit présenté à la Cour suprême israélienne en avril 2025, l’ancien chef du Shin Bet expliquait que son agence avait été alertée durant la nuit du 6 au 7 octobre par des activités inhabituelles du Hamas.
Selon son récit, une alerte concernant de possibles intentions offensives avait été diffusée à 3 h 03.
Une réunion d’évaluation s’est ensuite tenue vers 4 h 30.
À 5 h 15, Bar affirme avoir donné instruction que le secrétaire militaire du Premier ministre soit informé de la situation.
Il soutient donc qu’une chaîne d’information vers le Premier ministre avait bien été déclenchée avant le début de l’attaque.
Un autre élément est venu compliquer davantage le débat : le bureau de Netanyahou avait reconnu en mars 2025 que l’officier chargé du renseignement auprès du Premier ministre avait reçu, plusieurs heures avant l’invasion, un document de Tsahal faisant état d’activités suspectes du Hamas.
Le bureau du Premier ministre avait toutefois expliqué que le document n’était pas présenté comme urgent et que, pour cette raison, il n’avait pas été transmis immédiatement à Netanyahou.
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Le débat sur « qui savait quoi » avant le 7 octobre
C’est précisément cette succession d’informations qui rend le dossier particulièrement complexe.
Il est désormais établi que plusieurs services israéliens avaient détecté, dans les heures précédant l’attaque, des signes inhabituels du côté du Hamas.
Mais la question fondamentale reste de savoir comment ces informations ont été interprétées, à quel niveau elles ont été transmises et pourquoi elles n’ont pas conduit à une mobilisation permettant de prévenir l’assaut.
Les responsables de la sécurité de l’époque ont reconnu de graves erreurs d’évaluation.
Mais ils contestent l’idée selon laquelle ils auraient consciemment caché au Premier ministre une information dont ils savaient qu’elle annonçait une attaque imminente de grande ampleur.
Ronen Bar a notamment écrit qu’aucun responsable n’avait anticipé une attaque d’une telle ampleur ce matin-là.
Une bataille politique autour du 7 octobre
Cette controverse intervient à un moment particulièrement sensible pour Benjamin Netanyahou.
Israël doit organiser ses élections législatives le 27 octobre 2026, et le Premier ministre fait face à une campagne électorale difficile. Plusieurs sondages montrent que son bloc pourrait rencontrer des difficultés à obtenir une majorité parlementaire, tandis que les différents partis de droite cherchent à éviter une dispersion des voix.
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Dans ce contexte, la question du 7 octobre reste politiquement explosive.
L’attaque du Hamas a provoqué la mort de plus de 1 200 personnes en Israël et le déclenchement de la guerre à Gaza. Les défaillances des services de renseignement, de l’armée et du gouvernement ont depuis fait l’objet de nombreuses critiques.
Une partie importante de l’opinion publique réclame notamment une commission d’enquête indépendante chargée d’établir les responsabilités de chacun.
Netanyahou, lui, s’oppose depuis plusieurs années à la création d’une commission d’État qu’il juge susceptible de produire un résultat prédéterminé. Il défend plutôt la création d’un mécanisme dans lequel la coalition gouvernementale et l’opposition seraient représentées à parts égales.
Une nouvelle offensive pour déplacer la responsabilité ?
Les nouvelles déclarations du Premier ministre sont donc observées à travers le prisme de cette bataille politique.
Ses adversaires lui reprochent de chercher à transférer l’essentiel de la responsabilité vers les chefs militaires et les responsables du renseignement.
Dans une analyse publiée par The Times of Israel, le journaliste David Horovitz estime que Netanyahou cherche désormais à présenter les responsables sécuritaires comme les principaux responsables du désastre, alors que l’attaque s’est produite sous son gouvernement.
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Mais le débat ne signifie pas pour autant que l’armée et les services de renseignement seraient exonérés.
Les échecs sécuritaires ayant précédé le 7 octobre sont largement reconnus en Israël. La véritable controverse porte désormais sur la répartition exacte des responsabilités : quelles informations étaient disponibles, qui les détenait, qui les a transmises et quelles décisions auraient dû être prises.
Un élément nouveau : ce qui s’est passé après le réveil du Premier ministre
La polémique s’est encore renforcée cette semaine avec la publication d’informations sur les premières heures de l’attaque.
Selon un reportage de la télévision publique israélienne Kan, Netanyahou n’aurait demandé à parler au chef d’état-major Herzi Halevi qu’aux alentours de 9 h 45, alors que l’attaque du Hamas avait déjà commencé depuis plusieurs heures.
Cette information a suscité de vives critiques en Israël, certains estimant qu’elle soulève à son tour des questions sur la manière dont le Premier ministre a réagi une fois informé de l’attaque.
Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de déterminer pourquoi Netanyahou n’a pas été réveillé plus tôt ni d’établir qu’une décision délibérée avait été prise pour lui cacher l’imminence de l’attaque.
La vérité attendue dans les documents officiels
Netanyahou affirme que les protocoles et documents relatifs aux réunions de sécurité de cette nuit permettront un jour de confirmer sa version.
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Il soutient que leur publication montrera que les responsables de la sécurité disposaient de signes inquiétants mais avaient choisi de maintenir une posture d’alerte limitée.
Ses détracteurs réclament justement une enquête indépendante capable d’examiner ces documents, les témoignages des différents responsables et la chronologie complète des décisions prises dans les heures précédant l’attaque.
Pour l’instant, plusieurs faits sont établis, mais certaines des conclusions politiques avancées par Netanyahou restent des affirmations contestées et non des faits définitivement établis.
Près de trois ans après le 7 octobre, la bataille pour déterminer les responsabilités n’est donc toujours pas terminée. Et à quelques semaines des élections israéliennes, la question de savoir qui aurait pu empêcher le massacre est redevenue l’un des dossiers politiques les plus sensibles du pays.
Rédaction DUNIA NEW’S















