
Dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 avril 2025, l’État de Benue, au centre du Nigeria, a été le théâtre d’attaques sanglantes perpétrées par des hommes armés, causant la mort d’au moins 56 personnes. Ce nouveau bilan, en nette hausse par rapport aux 17 morts initialement annoncés, a été confirmé après la visite du gouverneur Hyacinth Alia sur les lieux des attaques.
Les violences ont principalement touché les zones gouvernementales locales d’Ukum et de Logo, où les tensions entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires restent particulièrement vives. Le gouverneur a pointé du doigt des « bergers armés présumés » comme étant les auteurs des assauts. Ce conflit récurrent, souvent alimenté par des rivalités ethniques et religieuses, oppose en grande partie les éleveurs peuls musulmans aux communautés agricoles chrétiennes.
Selon des sources locales, les assaillants ont fait irruption dans plusieurs villages en pleine nuit, ouvrant le feu et incendiant des habitations. Les survivants, traumatisés, dénoncent l’absence de protection de la part des forces de sécurité malgré des alertes répétées. Des opérations de recherche et de sauvetage sont toujours en cours, faisant craindre un alourdissement du bilan.
L’État voisin du Plateau a lui aussi été récemment touché par des violences similaires. Début avril, deux attaques ont coûté la vie à plus de 130 personnes, selon les chiffres officiels. Cette escalade souligne la gravité de la crise sécuritaire dans la ceinture centrale du pays.
Le gouvernement fédéral nigérian est de plus en plus critiqué pour son manque de réactivité face à l’augmentation des conflits liés à la terre. Les pressions démographiques, le changement climatique et la désertification du nord du pays exacerbent la compétition pour les ressources naturelles, rendant ces affrontements plus fréquents et plus meurtriers.
L’État de Benue, surnommé le « grenier du Nigeria », joue un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire du pays. Sa déstabilisation pourrait avoir des conséquences majeures sur l’approvisionnement agricole national. Plusieurs organisations de la société civile ont appelé à la mise en place de mécanismes de médiation durable et au renforcement de la présence sécuritaire dans les zones rurales vulnérables.
En attendant, les populations locales vivent dans la peur, contraintes d’abandonner leurs terres pour fuir vers des zones plus sûres. Des camps de déplacés s’installent un peu partout, tandis que les ONG alertent sur les risques humanitaires croissants dans la région.
Imam chroniqueur Babacar Diop















