
Six imams ont été enlevés samedi 12 septembre par des hommes armés dans l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria. La police a lancé une opération pour tenter de retrouver les victimes, dans une région confrontée depuis plusieurs années aux enlèvements contre rançon.
Les six religieux se rendaient apparemment à Talata Mafara, lorsqu’un groupe armé a tendu une embuscade au véhicule qui les transportait, a indiqué dimanche 13 septembre la police de Zamfara. Selon les autorités, les assaillants seraient des « bandits », terme utilisé au Nigeria pour désigner les groupes criminels armés actifs dans le nord-ouest et le centre du pays. La police affirme que les hommes étaient équipés d’armes sophistiquées. Les forces de sécurité ont lancé des recherches dans le secteur pour tenter de localiser et secourir les six imams, ainsi que pour retrouver leurs ravisseurs.
Les enlèvements, une source de revenus pour les groupes armés
Les circonstances précises de l’enlèvement restent à établir. Des médias locaux rapportent que les imams avaient été invités par Abdul’aziz Abubakar Yari, ancien gouverneur de Zamfara et actuel sénateur, à un rassemblement religieux organisé à Talata Mafara. Cette rencontre devait notamment être consacrée à des prières pour la réélection du président Bola Tinubu, candidat à un second mandat lors de la présidentielle prévue en janvier.
Le kidnapping contre rançon est devenu un important moyen de financement pour les groupes armés au Nigeria. Les « bandits » sévissent particulièrement dans le nord-ouest, tandis que les groupes jihadistes sont surtout actifs dans le nord-est. Selon un rapport publié en août par le cabinet nigérian SBM Intelligence, les rançons versées après des enlèvements auraient atteint près de 6 millions de dollars au cours des douze derniers mois.
L’insécurité figure parmi les principales préoccupations à l’approche de la prochaine présidentielle nigériane, alors que la campagne électorale a officiellement débuté en août.
Patrice Assiongbon SOWANOU















