
Antananarivo, avril 2025 – En visite officielle à Madagascar, le président français Emmanuel Macron a déclaré vouloir « créer les conditions du pardon » concernant la période coloniale française sur l’île de l’océan Indien. Un geste fort, chargé de mémoire et d’émotion, dans une région marquée par les séquelles d’un passé encore douloureux.
C’est depuis le haut du Rova, palais royal emblématique d’Antananarivo, que le président français a prononcé un discours solennel. Il y a reconnu l’existence de « pages sanglantes et tragiques » dans les relations historiques entre la France et Madagascar, insistant sur la nécessité d’une démarche de vérité pour ouvrir la voie à la réconciliation.
« Ce pardon ne peut pas être décrété. Il ne peut être ni une injonction, ni une proclamation. Il ne peut être que le fruit d’un cheminement commun », a déclaré Emmanuel Macron.
Un travail historique conjoint en perspective
Dans ce cadre, le chef de l’État a proposé la création d’une commission mixte d’historiens malgaches et français, sur le modèle de celles déjà engagées avec l’Algérie et le Cameroun. Cette commission aurait pour objectif de documenter et de contextualiser les événements de la colonisation, notamment les répressions violentes et les expropriations subies par la population malgache.
La colonisation de Madagascar par la France a officiellement commencé en 1896. Elle s’est accompagnée de résistances féroces, réprimées dans le sang, notamment celle menée par le roi Toera, décapité en 1897 par les troupes coloniales françaises.
Un geste symbolique : la restitution de restes humains
Dans un acte concret de reconnaissance, Emmanuel Macron a également annoncé la restitution prochaine de trois crânes conservés jusqu’alors dans un musée parisien, dont celui du roi Toera. Ce retour s’inscrit dans le cadre de la loi française adoptée en 2023 permettant la restitution de restes humains aux pays d’origine.
Ce geste, hautement symbolique, répond à une attente ancienne de la part des autorités et de la société civile malgaches. Il vise à réparer, autant que faire se peut, les humiliations infligées durant la période coloniale.
Un nouveau chapitre des relations franco-malgaches
Cette visite présidentielle, la première depuis celle de Jacques Chirac en 2005, marque un tournant dans les relations bilatérales. Au-delà des enjeux mémoriels, Emmanuel Macron a également réaffirmé la volonté de la France de renforcer sa coopération avec Madagascar dans les domaines de l’éducation, de la santé et du développement durable.
Le chef de l’État espère ainsi inscrire son action dans une dynamique plus large de réparation morale, en écho à une politique mémorielle engagée dès le début de son mandat, visant à reconnaître le rôle et les responsabilités de la France dans son passé colonial.















