AES : Burkina Faso, Mali et Niger accélèrent la construction de leur espace confédéral

Votre Pub ici !

Partager cet article
AES : Burkina Faso, Mali et Niger accélèrent la construction de leur espace confédéral

Réunis à Niamey, les hauts responsables des trois pays membres de la Confédération des États du Sahel poursuivent le travail d’harmonisation des politiques communes. Libre circulation, coordination institutionnelle et souveraineté économique figurent parmi les grands chantiers de cette intégration encore en construction.

À Niamey, la dynamique d’intégration du Burkina Faso, du Mali et du Niger continue de se structurer. Alors que les trois pays ont définitivement quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) multiplient désormais les initiatives pour donner un contenu concret à leur projet confédéral.

Une nouvelle séquence de travaux s’est tenue cette semaine dans la capitale nigérienne, avec la participation de hauts responsables des trois États. Les échanges portent notamment sur la mise en œuvre de la feuille de route de la Confédération et sur les mécanismes nécessaires à une meilleure coordination entre les administrations des pays membres.


Cette accélération intervient dans un contexte où l’AES cherche progressivement à passer du discours politique à la construction d’institutions et de politiques communes.

De l’alliance militaire à une structure confédérale

L’histoire récente de l’AES commence le 16 septembre 2023, avec la création de l’Alliance des États du Sahel par le Burkina Faso, le Mali et le Niger à travers la Charte du Liptako-Gourma.

À l’origine largement centrée sur les questions de défense et de sécurité, l’organisation a franchi une nouvelle étape le 6 juillet 2024, à Niamey, avec la signature du traité instituant la Confédération des États du Sahel.

Cette transformation traduit la volonté des trois gouvernements de dépasser le cadre strictement sécuritaire pour construire un espace de coopération beaucoup plus large.

Les domaines identifiés autour de cette architecture sont notamment la défense et la sécurité, la diplomatie ainsi que le développement.

Le projet est ambitieux : harmoniser progressivement certaines politiques, coordonner les positions diplomatiques, faciliter les échanges économiques et renforcer les capacités communes des trois États.

La libre circulation, un chantier stratégique

Parmi les questions les plus sensibles figure celle de la circulation des personnes et des marchandises.

La question n’est pas nouvelle. Dès décembre 2024, des hauts fonctionnaires et experts des trois pays s’étaient réunis à Niamey pour travailler sur les modalités de la libre circulation dans le futur espace confédéral. Les travaux portaient notamment sur les différents scénarios envisageables après le retrait des trois États de la CEDEAO.

La mise en place de mécanismes propres à l’AES est devenue d’autant plus importante depuis que le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO est devenu effectif le 29 janvier 2025.

La CEDEAO avait toutefois choisi, dans l’immédiat, de maintenir plusieurs facilités pour les ressortissants des trois pays, notamment la circulation, la résidence et l’établissement sans visa, ainsi que certaines dispositions commerciales. Ces mesures avaient été prises afin d’éviter une rupture brutale dans la vie quotidienne et les échanges économiques.

Pour l’AES, l’enjeu est désormais de construire ses propres mécanismes afin que l’intégration ne reste pas uniquement une ambition politique.

Des institutions communes commencent à prendre forme

Cette volonté d’intégration se manifeste déjà dans plusieurs secteurs.

Le sommet de l’AES tenu à Bamako en décembre 2025 a notamment été marqué par le lancement de la Banque confédérale d’investissement et de développement, avec un capital initial annoncé de 500 milliards de francs CFA. Une force unifiée de l’AES destinée à coordonner les efforts militaires des trois pays a également été mise en avant.

Le développement d’outils communs ne se limite pas à la sécurité et à la finance.

En août 2026, les trois pays ont également poursuivi leur coopération dans les domaines de l’énergie, des mines et des hydrocarbures. À Ouagadougou, des hauts fonctionnaires et experts ont travaillé sur plusieurs documents destinés à harmoniser les politiques de ces secteurs stratégiques.

Les ministres concernés ont ensuite validé les documents issus de ces travaux, confirmant la volonté de l’AES de faire des ressources naturelles un levier de développement et de souveraineté économique.

Une intégration qui reste confrontée à d’importants défis

Malgré ces avancées institutionnelles, la construction de l’espace AES reste confrontée à plusieurs difficultés.

La première est d’ordre sécuritaire. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger continuent de faire face à une menace jihadiste persistante et à de vastes zones difficiles à contrôler.

La deuxième concerne l’économie. La création d’institutions communes, l’harmonisation des politiques nationales et le financement de projets transfrontaliers nécessitent des ressources importantes et une coordination administrative durable.

La libre circulation constitue également un défi majeur. Il faudra parvenir à concilier la facilitation des déplacements avec le renforcement des contrôles aux frontières, dans une région où les questions sécuritaires occupent une place centrale.

Enfin, la sortie de la CEDEAO ne signifie pas automatiquement la disparition des liens économiques qui existaient entre les trois pays et le reste de l’Afrique de l’Ouest. Les échanges commerciaux, les corridors routiers et les flux de personnes continuent de relier l’espace AES à ses voisins.

Une nouvelle étape pour le projet sahélien

Pour les dirigeants de l’AES, l’objectif affiché est désormais de transformer la coopération politique en une réalité institutionnelle et économique.

Les réunions de hauts fonctionnaires jouent précisément ce rôle : préparer les textes, harmoniser les positions et soumettre des recommandations aux autorités politiques chargées de leur adoption.

Cette méthode rappelle d’ailleurs les précédentes étapes de construction de la Confédération. En décembre 2024, le président du comité nigérien chargé de l’opérationnalisation de l’AES, l’ambassadeur Adani Illo, expliquait déjà que les réunions d’experts constituaient des étapes importantes dans la construction de la nouvelle organisation.

Quelques mois plus tard, le chantier s’est élargi à des secteurs aussi sensibles que l’énergie, les mines, le pétrole, la finance et la défense.

L’AES entre ainsi dans une phase où le principal défi ne sera plus seulement d’affirmer une volonté politique commune, mais de démontrer sa capacité à faire fonctionner durablement des institutions communes.

Pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’enjeu est désormais de transformer les décisions prises au sommet en mesures concrètes pour les populations : circulation plus simple, échanges commerciaux facilités, infrastructures communes, sécurité renforcée et nouvelles possibilités d’investissement.

La construction de l’espace confédéral sahélien est donc engagée. Mais sa réussite dépendra moins des déclarations politiques que de la capacité des trois États à faire fonctionner, dans la durée, les mécanismes qu’ils sont actuellement en train de mettre en place.

Rédaction DUNIA NEW’S

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci