
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu veut renforcer rapidement la capacité de l’État à répondre aux cyberattaques. Face à la multiplication des incidents visant les systèmes publics, il a demandé à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) de mettre en place une nouvelle unité capable d’intervenir en première ligne lorsqu’une attaque grave est détectée.
Une réponse jugée trop lente face aux attaques
La France veut accélérer sa riposte face aux menaces numériques.
Dans un courrier adressé mercredi 19 août 2026 au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, dont les services supervisent l’ANSSI, Sébastien Lecornu a demandé la création d’une « nouvelle unité cyber » destinée à renforcer la réponse opérationnelle de l’État.
Le chef du gouvernement estime que la situation impose désormais d’agir rapidement.
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« Il y a urgence à concevoir et conduire sans délai une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte aux cyberattaques que l’État rencontre actuellement », écrit-il dans cette correspondance dont l’AFP a obtenu copie.
Pour le Premier ministre, l’objectif est clair : « reprendre l’initiative sur le terrain » face aux acteurs qui ciblent les systèmes informatiques publics.
Une équipe directement rattachée à l’ANSSI
La nouvelle structure demandée par le gouvernement devra être composée d’agents de l’ANSSI, l’organisme français chargé notamment de la sécurité des systèmes d’information de l’État et de l’accompagnement des acteurs publics et privés face aux cybermenaces.
Selon les instructions données par Sébastien Lecornu, cette équipe devra pouvoir intervenir en première ligne lorsqu’une atteinte grave à l’intégrité du système informatique de l’État est suspectée.
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Elle devra également permettre de faciliter et d’accélérer les investigations, aussi bien avant, pendant qu’après une crise informatique.
Le Premier ministre a demandé qu’une proposition précisant l’organisation et les règles d’engagement de cette nouvelle unité lui soit présentée d’ici vendredi 21 août.
« Peu de ministères sont au niveau requis »
Dans son courrier, Sébastien Lecornu ne s’est pas contenté d’annoncer la création d’une nouvelle structure.
Le Premier ministre a également porté un regard critique sur le niveau actuel de protection informatique de certaines administrations françaises.
Il reconnaît et déplore que « peu de ministères sont au niveau requis » en matière de cybersécurité.
Une situation qu’il juge particulièrement préoccupante.
« Ce n’est pas acceptable », écrit-il, selon les éléments rapportés par l’AFP.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs administrations françaises ont été confrontées ces derniers mois à des incidents informatiques, des tentatives d’intrusion ou des vols de données.
Le fisc français récemment touché
L’un des dossiers qui a accéléré les inquiétudes concerne la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
Le ministère de l’Économie a confirmé le 14 août que des accès illégitimes avaient été détectés dans le système d’information de l’administration fiscale.
Selon le communiqué officiel, les intrusions avaient eu lieu en juin et juillet 2026 et reposaient notamment sur l’utilisation frauduleuse d’identifiants appartenant à un agent de la DGFiP et à un tiers habilité.
Les investigations ont ensuite établi que ces intrusions avaient conduit à des vols de données.
Le bilan communiqué dans les jours suivants faisait état de plusieurs centaines de milliers de personnes potentiellement concernées. Le quotidien Le Monde rapporte le chiffre de 678 437 personnes potentiellement touchées.
Face à cette attaque, Sébastien Lecornu avait déjà demandé à l’ANSSI de réaliser un « audit approfondi » afin de déterminer précisément ce qui s’était passé et d’évaluer les failles exploitées.
Une succession d’incidents qui inquiète l’État
Le piratage de la DGFiP n’est pas un cas isolé.
Ces derniers mois, plusieurs organisations et administrations françaises ont été confrontées à des cyberattaques ou à des tentatives d’intrusion.
Pour le gouvernement, la répétition de ces incidents pose désormais une question stratégique : la France dispose-t-elle d’une capacité suffisamment rapide pour détecter, contenir et analyser une attaque avant qu’elle ne provoque des dommages plus importants ?
La réponse de Sébastien Lecornu consiste notamment à renforcer l’intervention directe de spécialistes de l’ANSSI.
L’idée est de disposer d’une équipe mobilisable rapidement, capable d’agir dès les premiers signes d’une attaque grave et de rester impliquée jusqu’à la fin de la crise.
Pas de lien établi avec l’Iran
La multiplication des attaques intervient dans un contexte international particulièrement tendu, notamment autour de la question iranienne.
Certains acteurs spécialisés dans la cybersécurité et certains responsables occidentaux ont, par le passé, documenté les capacités offensives de groupes liés à l’Iran.
Mais cela ne permet pas d’attribuer automatiquement les récentes attaques contre les systèmes français à Téhéran.
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À ce stade, aucune des sources fiables consultées pour cette affaire n’établit de lien entre l’Iran et les attaques récentes contre les administrations françaises.
Cette distinction est essentielle : l’origine technique d’une cyberattaque et l’identité réelle de son ou de ses auteurs ne peuvent être établies qu’après des investigations spécialisées.
Il convient donc de ne pas présenter l’Iran comme responsable tant qu’une enquête officielle ou des éléments techniques suffisamment solides ne permettent pas de l’affirmer.
Le gouvernement veut reprendre l’initiative
La création de cette nouvelle unité intervient donc dans une volonté affichée de changer de rythme.
Pour Sébastien Lecornu, les réponses aux cyberattaques ne doivent plus seulement intervenir après la découverte des dégâts.
La nouvelle équipe devrait pouvoir intervenir avant, pendant et après les crises, afin d’identifier les failles, accompagner les administrations attaquées, contribuer aux investigations et tirer les enseignements des incidents.
Cette approche vise également à améliorer la coordination entre les différents services de l’État.
Une nouvelle étape dans la cybersécurité française
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La France dispose déjà de structures spécialisées dans la protection de ses systèmes informatiques. La création annoncée d’une nouvelle unité ne signifie donc pas la création d’un dispositif entièrement nouveau dans le domaine de la cybersécurité.
Elle traduit plutôt la volonté du gouvernement de disposer d’une capacité d’intervention plus rapide et plus directement opérationnelle face aux attaques visant les systèmes de l’État.
Le calendrier fixé par Matignon est particulièrement court : une proposition d’organisation doit être présentée au Premier ministre avant le 21 août.
Reste désormais à savoir quels seront les effectifs de cette unité, ses moyens d’action, son fonctionnement exact et la manière dont elle coopérera avec les autres services chargés de la cybersécurité et du renseignement.
La France face à un défi durable
La multiplication des attaques informatiques rappelle que la cybersécurité est désormais devenue un enjeu majeur de sécurité nationale.
Administrations fiscales, services publics et infrastructures numériques constituent des cibles susceptibles d’être recherchées par des cybercriminels, des groupes militants ou, dans certains cas, des acteurs liés à des États.
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Pour le gouvernement français, l’enjeu immédiat est désormais de renforcer les défenses et de réduire le temps nécessaire pour réagir lorsqu’une intrusion est détectée.
Avec la création annoncée de cette nouvelle unité cyber, Sébastien Lecornu veut donc accélérer la réponse de l’État face aux attaques informatiques. Mais au-delà de cette structure, le message du Premier ministre est également politique : la protection numérique des administrations françaises doit désormais atteindre un niveau jugé suffisant pour faire face à une menace devenue permanente.
Rédaction DUNIA NEW’S.














