
Le Canada et l’Union européenne veulent franchir une nouvelle étape dans leur rapprochement stratégique. Alors que la guerre commerciale engagée par Donald Trump avec Ottawa s’intensifie, Mark Carney se rendra à Strasbourg le 16 septembre pour assister au discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen. Les discussions portent désormais bien au-delà du commerce : sécurité, défense, investissements et diversification des partenariats sont au cœur de la nouvelle dynamique.
Le face-à-face entre le Canada et les États-Unis est en train de modifier les équilibres diplomatiques de l’Amérique du Nord. Sous l’impulsion du Premier ministre Mark Carney, Ottawa cherche de nouveaux débouchés et de nouveaux partenariats afin de réduire sa dépendance à l’égard de son voisin américain.
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L’Union européenne apparaît aujourd’hui comme l’un des partenaires privilégiés de cette stratégie.
Le déplacement de Mark Carney à Strasbourg, le 16 septembre, constitue à cet égard un rendez-vous particulièrement surveillé. Le Premier ministre canadien doit assister au discours annuel sur l’état de l’Union prononcé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avant de s’adresser lui-même au Parlement européen le lendemain. L’information a notamment été rapportée par l’Associated Press dans le contexte de l’intensification du conflit commercial entre Washington et Ottawa.
Une relation qui dépasse désormais le simple commerce
Ce rapprochement n’est toutefois pas né avec la dernière offensive douanière de Donald Trump.
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Depuis plusieurs mois, le Canada et l’Union européenne travaillent déjà à renforcer leurs relations. En juin 2025, Ottawa et Bruxelles avaient annoncé leur volonté de construire un « nouveau partenariat stratégique », fondé notamment sur des intérêts communs et la défense du système international fondé sur des règles.
Un partenariat de sécurité et de défense Canada-UE a également été conclu en 2025. Selon le gouvernement canadien, cet accord regroupe dans un même cadre politique plusieurs domaines de coopération en matière de sécurité et de défense.
La nouveauté actuelle réside donc moins dans la création d’une relation entièrement nouvelle que dans l’accélération et l’élargissement d’une coopération déjà engagée.
Le gouvernement de Mark Carney cherche notamment à développer les échanges avec l’Europe dans des secteurs stratégiques comme les minerais critiques, l’énergie, les technologies avancées et la défense. Ottawa considère également l’Europe comme un marché susceptible de contribuer à la diversification de ses exportations.
La guerre commerciale de Trump accélère le mouvement
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Cette nouvelle orientation intervient alors que les relations entre Washington et Ottawa connaissent une période particulièrement tendue.
Le 8 septembre, le Canada a mis en œuvre des droits de douane de représailles sur environ 20 milliards de dollars de produits américains, avec des taux pouvant atteindre 50 % sur certains secteurs. Cette décision faisait suite aux mesures tarifaires américaines et à l’échec de plusieurs négociations commerciales.
Washington a ensuite annoncé de nouvelles restrictions visant notamment certains produits laitiers canadiens, des boissons alcoolisées et des motos. Ces mesures doivent entrer en vigueur le 29 septembre selon l’Associated Press.
Pour Mark Carney, cette confrontation constitue un signal supplémentaire en faveur d’une diversification économique.
Le Canada reste extrêmement dépendant du marché américain : plus de 70 % de ses exportations sont encore destinées aux États-Unis, selon les données rapportées par l’Associated Press. Mais Ottawa veut désormais accélérer la recherche de nouveaux partenaires commerciaux et renforcer ses relations avec l’Europe.
Ottawa et Bruxelles veulent aussi renforcer leur coopération militaire
Le rapprochement ne se limite pas aux marchandises.
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Au cours des derniers mois, le Canada a multiplié les initiatives avec les Européens dans le domaine de la défense. Ottawa a notamment annoncé en 2026 son entrée comme premier pays non européen dans l’initiative européenne Security Action for Europe (SAFE) consacrée aux investissements et aux acquisitions dans le secteur de la défense.
Pour le Canada, cette coopération présente un double intérêt : renforcer ses propres capacités militaires tout en approfondissant son intégration avec les partenaires européens.
Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les tensions avec la Russie et les interrogations sur l’évolution de la politique américaine, les Européens cherchent eux aussi à renforcer leurs capacités de défense.
Le rapprochement avec Ottawa peut donc répondre à des intérêts réciproques.
Une alliance « contre les États-Unis » ?
C’est sur ce point que les précautions journalistiques s’imposent.
Présenter le futur rapprochement comme une « alliance contre les États-Unis » serait excessif. Ni Ottawa ni Bruxelles ne présentent officiellement leur coopération de cette manière.
Il est plus juste de parler d’une volonté commune de réduire certaines vulnérabilités stratégiques et de diversifier les partenariats.
Le Canada ne cherche d’ailleurs pas à rompre avec les États-Unis. Mark Carney continue de dialoguer avec Donald Trump. Le Premier ministre canadien a encore indiqué récemment avoir parlé à plusieurs reprises avec le président américain de questions internationales, notamment l’Ukraine et l’Iran.
La stratégie canadienne ressemble donc davantage à une politique de diversification qu’à une rupture.
L’Europe devient un partenaire stratégique pour Ottawa
Pour l’Union européenne, l’intérêt est également évident.
Le Canada possède d’importantes ressources naturelles, notamment dans le domaine des minerais critiques, ainsi que des capacités énergétiques et technologiques qui intéressent les Européens.
Ottawa dispose de son côté d’un accès privilégié au marché européen grâce à l’Accord économique et commercial global, le CETA. Le renforcement de la relation pourrait permettre d’exploiter davantage cet accord et d’élargir la coopération à des domaines stratégiques.
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Les contacts entre les deux parties se sont d’ailleurs intensifiés. Mark Carney a rencontré Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa en juin 2026, en marge du sommet du G7 en France. Les discussions portaient notamment sur le renforcement des relations entre le Canada et l’Europe.
Quelques semaines plus tôt, le Premier ministre canadien avait également multiplié les rencontres avec plusieurs dirigeants européens, notamment ceux de la France, de l’Italie, de la Pologne et de l’Espagne.
Le 16 septembre, un rendez-vous très attendu
Le déplacement de Mark Carney à Strasbourg pourrait ainsi servir de vitrine politique à cette nouvelle étape du partenariat.
Selon l’Associated Press, des discussions sont en cours autour de différentes possibilités pour approfondir la relation Canada-UE : extension des accords existants, nouveau traité ou nouvelles formes de coopération. Aucun modèle définitif n’aurait encore été arrêté.
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C’est précisément ce qui rend le rendez-vous du 16 septembre important.
Le discours d’Ursula von der Leyen pourrait donner davantage de visibilité aux ambitions européennes, tandis que la présence de Mark Carney devrait illustrer le poids croissant du partenariat avec Ottawa.
Un nouvel équilibre transatlantique en construction
La situation actuelle révèle surtout une transformation plus profonde des relations entre les puissances occidentales.
Pendant des décennies, le Canada a construit une grande partie de sa prospérité sur son intégration économique avec les États-Unis. Aujourd’hui, Ottawa cherche à conserver cette relation tout en développant des alternatives.
L’Union européenne poursuit parallèlement ses propres efforts pour renforcer son autonomie stratégique.
Dans ce contexte, le Canada et l’Europe ont de plus en plus intérêt à travailler ensemble.
Le rapprochement ne signifie donc pas nécessairement la formation d’un bloc dirigé contre Washington. Il traduit plutôt l’émergence d’une nouvelle logique : celle de partenaires occidentaux qui cherchent à ne plus dépendre d’un seul centre de puissance pour leur commerce, leur sécurité et leurs intérêts stratégiques.
Le 16 septembre pourrait constituer une nouvelle étape de cette évolution. Mais pour parler d’une véritable « alliance » au sens diplomatique du terme, il faudra attendre les annonces concrètes et les éventuels accords qui suivront.
Rédaction DUNIA NEW’S















