Candidature à l’ONU : un rapport de UN Watch met Macky Sall face à son bilan en matière de droits humains

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Candidature à l’ONU : un rapport de UN Watch met Macky Sall face à son bilan en matière de droits humains

Dakar / New York – La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies fait désormais l’objet de nouvelles critiques. Dans un rapport publié le 21 juillet 2026, l’organisation non gouvernementale UN Watch remet en question la capacité de l’ancien chef de l’État à défendre les droits humains et les libertés fondamentales à la tête de l’ONU.

Le document intervient alors que la candidature de Macky Sall bénéficie désormais du soutien officiel du Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a récemment demandé à son gouvernement et au réseau diplomatique sénégalais de soutenir activement cette candidature, présentée comme celle du Sénégal et, plus largement, comme une candidature au service de l’Afrique.

Dans son analyse, UN Watch revient sur les douze années passées par Macky Sall à la tête du Sénégal, de 2012 à 2024.

L’organisation affirme que cette période a été marquée par de graves préoccupations en matière de droits humains. Elle évoque notamment la répression de manifestations, l’arrestation de journalistes et d’opposants ainsi que des détentions qu’elle qualifie d’arbitraires.

Pour l’ONG, ces éléments soulèvent une question centrale : un ancien dirigeant accusé d’avoir toléré ou supervisé de telles pratiques peut-il ensuite devenir le principal représentant de l’organisation internationale chargée de promouvoir la paix, les droits humains et les libertés fondamentales ?

UN Watch estime que le parcours politique de Macky Sall doit être examiné avec attention par les États appelés à participer au processus de sélection du prochain secrétaire général.

Macky Sall a été officiellement proposé comme candidat au poste de secrétaire général de l’ONU par le Burundi, le 2 mars 2026.

Son dossier figure parmi les candidatures enregistrées dans le cadre du processus officiel de sélection. L’ancien président sénégalais a également présenté sa vision pour l’avenir de l’organisation internationale, en mettant notamment l’accent sur la nécessité de reconstruire le multilatéralisme et de renforcer l’efficacité de l’ONU face aux crises mondiales.

L’élection du prochain secrétaire général doit permettre de désigner le successeur d’António Guterres, dont le mandat s’achève à la fin de l’année 2026.

La candidature de Macky Sall prend une dimension particulière au regard de son histoire récente avec le pouvoir actuel.

Bassirou Diomaye Faye, devenu président en avril 2024, avait été emprisonné sous le régime de Macky Sall, tout comme Ousmane Sonko. Les relations entre l’ancien président et le nouveau pouvoir sénégalais ont longtemps été marquées par une forte opposition politique.

Le soutien officiel apporté aujourd’hui par Dakar constitue donc un important changement de position.

Macky Sall reste toutefois une personnalité controversée au Sénégal. Sa tentative de reporter l’élection présidentielle de 2024 avait provoqué de violentes manifestations et avait finalement été annulée par le Conseil constitutionnel. Son administration a également fait l’objet de critiques concernant la gestion des finances publiques, accusations qu’il conteste.

Pour UN Watch, le passé politique des candidats ne peut pas être séparé de la fonction qu’ils aspirent à occuper.

Le secrétaire général des Nations unies est appelé à défendre la Charte de l’ONU, les droits humains et les principes du droit international. L’organisation estime donc que les accusations concernant la gestion des manifestations et le traitement des opposants et des journalistes au Sénégal doivent être examinées avant toute décision.

Le rapport de l’ONG risque ainsi d’alimenter le débat autour de la candidature de l’ancien président sénégalais, au moment où celui-ci bénéficie d’un soutien diplomatique renforcé.

La candidature de Macky Sall est désormais soutenue par son propre pays, après avoir été initialement portée par le Burundi. Mais le processus de sélection reste ouvert et plusieurs candidats sont en lice pour succéder à António Guterres.

Au-delà des soutiens politiques et diplomatiques, chaque candidat devra convaincre les États membres de l’ONU de sa capacité à diriger une organisation confrontée à des crises majeures : guerres, tensions géopolitiques, crises humanitaires et affaiblissement du multilatéralisme.

Pour Macky Sall, le principal défi sera désormais de défendre son bilan et de répondre aux critiques concernant son passage au pouvoir.

La question posée par UN Watch est donc directe : le prochain secrétaire général de l’ONU doit-il être jugé uniquement sur son expérience internationale et sa capacité diplomatique, ou également sur le bilan en matière de droits humains du dirigeant qu’il a été dans son propre pays ?

Rédaction DUNIA NEW’S.

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