
Téhéran / Washington – Le président iranien Masoud Pezeshkian livre une lecture particulièrement favorable de l’accord conclu avec les États-Unis avant la reprise des hostilités entre les deux pays.
Selon le dirigeant iranien, Washington aurait accepté un accord en 14 points avant de se rendre compte que le texte ne lui apportait pratiquement aucun avantage. Une fois cette réalité comprise, les États-Unis auraient décidé de reprendre les opérations militaires.
« Dans aucun des 14 points de l’accord avec les États-Unis, l’Iran n’a renoncé à ses droits, ses principes, ses intérêts nationaux, les valeurs de la Révolution et ses convictions », a déclaré Masoud Pezeshkian.
Le président iranien affirme même qu’une analyse du document ne permettrait pas d’identifier une seule clause créant un avantage pour la partie américaine.
aUn accord présenté comme une victoire iranienne
L’accord conclu en juin avait pour objectif de mettre fin aux opérations militaires et d’ouvrir une période de négociations plus larges entre Washington et Téhéran.
Le texte en 14 points prévoyait notamment la fin des opérations militaires, le respect de la souveraineté des deux pays, ainsi que l’ouverture de discussions destinées à parvenir à un accord définitif dans un délai pouvant aller jusqu’à 60 jours.
Le document prévoyait également la levée progressive du blocus naval américain autour de l’Iran et des dispositions concernant la circulation des navires commerciaux dans la région.
Pour Masoud Pezeshkian, ces dispositions auraient surtout permis à l’Iran de préserver ses intérêts stratégiques tout en obtenant un allègement de la pression militaire et économique exercée par Washington.
« L’Iran n’a renoncé à aucun de ses droits »
Le président iranien insiste particulièrement sur l’absence de concessions fondamentales de la part de Téhéran.
Selon lui, l’accord ne remettrait en cause ni les principes de la République islamique, ni ses intérêts nationaux, ni ses convictions idéologiques.
« Non seulement cela, mais une grande partie des acquis de l’accord profite à la République islamique », a-t-il ajouté.
Cette position rejoint le discours défendu par plusieurs responsables iraniens, qui présentent l’accord comme la preuve que Washington aurait finalement été contraint de négocier avec Téhéran sans obtenir les concessions qu’il réclamait initialement.
Selon la version défendue par Pezeshkian, les autorités américaines auraient réalisé après la signature que l’accord ne répondait pas à leurs objectifs.
Le président iranien estime que Washington aurait alors cherché à reprendre l’initiative et à modifier le rapport de force par la voie militaire.
Les combats ont effectivement repris après la conclusion de l’accord. Les États-Unis ont relancé leurs frappes contre des cibles iraniennes, tandis que Téhéran a répondu par des attaques contre des intérêts américains et des pays de la région accueillant des forces américaines.
Si Téhéran considère l’accord comme une victoire, le contenu du document montre toutefois que plusieurs dossiers majeurs restaient ouverts.
Les questions les plus sensibles, notamment l’avenir du programme nucléaire iranien, devaient faire l’objet de négociations ultérieures. L’accord constituait donc davantage un cadre destiné à mettre fin aux combats et à préparer de nouvelles discussions qu’un règlement définitif de tous les différends entre les deux pays.
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Par ailleurs, l’Iran s’était engagé à faciliter le passage des navires commerciaux pendant une période déterminée, tandis que les États-Unis devaient progressivement mettre fin à leur blocus naval.
Les déclarations de Masoud Pezeshkian interviennent alors que Washington et Téhéran se renvoient mutuellement la responsabilité de l’échec de l’accord.
Du côté iranien, les dirigeants affirment que les États-Unis n’ont pas respecté leurs engagements et ont cherché à revenir sur les termes du compromis.
La Russie a également relayé l’idée selon laquelle Washington aurait violé les engagements pris dans le cadre de l’accord. Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a notamment accusé les États-Unis d’avoir démontré que la signature de Donald Trump n’était pas crédible.
Washington, de son côté, accuse l’Iran d’avoir repris des actions militaires contre des navires commerciaux et d’avoir contribué à la dégradation de la situation régionale.
La reprise des frappes a considérablement réduit les chances d’une application normale du compromis signé en juin.
Mais les 14 points de l’accord pourraient encore servir de base à d’éventuelles négociations si les deux parties décidaient de revenir à la table des discussions.
Pour l’heure, chacun tente surtout de présenter la rupture du cessez-le-feu comme la conséquence des manquements de l’autre.
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En Iran, Masoud Pezeshkian affirme que les États-Unis auraient compris trop tard qu’ils avaient accepté un accord favorable à Téhéran. À Washington, la reprise des opérations militaires traduit au contraire la volonté de modifier à nouveau le rapport de force.
Une chose est certaine : l’accord en 14 points n’aura pas permis de mettre durablement fin à la confrontation entre les deux puissances. Et après la reprise des combats, chaque camp cherche désormais à convaincre l’opinion qu’il est le véritable vainqueur de cette bataille diplomatique et militaire.
Rédaction DUNIA NEW’S















