
TENGRELA — Une opération menée dans le nord de la Côte d’Ivoire vient de permettre la récupération de deux engins de chantier signalés volés au Mali. Les deux machines, de type poclain, ont été retrouvées dans les environs de Tengrela avant d’être officiellement restituées à leur propriétaire malien, dimanche 23 août 2026.
Derrière cette récupération se trouve une enquête menée conjointement par les forces de sécurité ivoiriennes et leurs homologues maliens. Une coopération qui aura permis de suivre la piste des engins jusque dans une zone située à proximité de la frontière entre les deux pays.
À lire aussi : Sénégal : Le Conseil constitutionnel déclare irrecevable la proposition de loi sur les crédits spéciaux
Mais l’affaire n’est pas totalement close : un troisième poclain reste activement recherché.
L’alerte venue du Mali
L’affaire commence le 25 juillet 2026. Les forces de sécurité ivoiriennes reçoivent une alerte de leurs homologues maliens concernant le vol de trois machines de type poclain. Selon les informations communiquées aux autorités ivoiriennes, les engins auraient été acheminés ou seraient susceptibles d’être acheminés vers la Côte d’Ivoire.
Le même jour, un ressortissant malien se présentant comme le propriétaire des machines se rend au Commissariat de police mixte de Tengrela afin de signaler la situation.
Une enquête est alors ouverte. Le commissariat reçoit l’appui de l’Escadron ainsi que de la Brigade de gendarmerie de Tengrela.
À lire aussi : Togo/Foire de Blitta : Pour YEDE, le PRIMA transforme l’exposition en opportunité de conquête des marchés
Les recherches se concentrent rapidement sur plusieurs localités de la zone frontalière.
Deux machines retrouvées près de Sirakoro
Les forces de sécurité procèdent au bouclage de plusieurs villages afin de tenter de retrouver les engins.
Les investigations finissent par conduire les enquêteurs vers Sirakoro, une localité située dans le département de Tengrela. Les deux machines y sont découvertes, à environ 36 kilomètres de Tengrela et neuf kilomètres de la frontière malienne, selon les informations rapportées par l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP).
Un élément attire particulièrement l’attention des enquêteurs : les deux poclains avaient été abandonnés dans la nuit du 27 juillet par leurs occupants, alors que ceux-ci auraient aperçu les gendarmes.
Les engins sont alors récupérés par les autorités ivoiriennes.
À lire aussi : Cameroun : à Logpom, un boucher tue sa femme à l’arme blanche devant leurs deux enfants
Sur instructions du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Boundiali, ils sont transférés dès le 28 juillet au Commissariat de police mixte de Tengrela. Deux porte-chars sont mobilisés pour transporter les machines.
Mais leur récupération ne signifie pas encore leur restitution.
Une vérification des documents menée avec Interpol
Les autorités ivoiriennes doivent d’abord s’assurer de la provenance exacte des engins et vérifier les documents présentés par la personne qui se déclare propriétaire.
Dans le cadre de cette procédure, le Commissariat de police mixte de Tengrela saisit, le 29 juillet, le Bureau central national Interpol d’Abidjan (BCN Interpol) afin de procéder à l’authentification des documents.
Le bureau ivoirien sollicite alors ses homologues maliens.
Cette étape permet de sécuriser la procédure et d’éviter qu’un bien récupéré dans le cadre d’une enquête pour vol ne soit remis à une personne dont les droits de propriété ne seraient pas établis.
Les vérifications aboutissent finalement le 11 août 2026. Les documents présentés sont confirmés comme authentiques.
Une fois ces vérifications effectuées et les différentes démarches accomplies, les autorités disposent alors des éléments nécessaires pour procéder à la restitution des deux machines.
Les deux engins restitués à leur propriétaire
La restitution intervient finalement le dimanche 23 août 2026 à Tengrela, conformément aux instructions du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Boundiali.
La cérémonie s’est déroulée en présence d’Ahmadou Sall, représentant des ressortissants maliens dans la localité.
Pour les autorités ivoiriennes, cette issue est le résultat direct de la circulation rapide de l’information entre les services des deux pays.
Le commissaire du Commissariat de police mixte de Tengrela, N’Goran Yao Raphaël Eddie, a notamment salué la collaboration entre les services ivoiriens et maliens.
«« La coopération entre la police ivoirienne, la gendarmerie et les services maliens a permis d’obtenir un résultat concret malgré le contexte parfois difficile des relations entre les deux pays », a-t-il déclaré.»
Une coopération sécuritaire mise en avant
Au-delà de la récupération des deux engins, l’opération est présentée par les autorités locales comme un exemple concret de coopération transfrontalière.
La zone de Tengrela, située dans le nord de la Côte d’Ivoire, est directement concernée par les enjeux sécuritaires liés à la proximité du Mali. Dans ce type d’espace frontalier, le partage rapide du renseignement entre les services de sécurité peut jouer un rôle déterminant dans le suivi des personnes, des marchandises et des biens susceptibles de franchir clandestinement la frontière.
Le commissaire N’Goran Yao Raphaël Eddie estime ainsi que l’expérience pourrait être reproduite dans la lutte contre d’autres phénomènes transfrontaliers, notamment l’orpaillage illégal.
Il appelle notamment à renforcer le renseignement, la surveillance et les interventions coordonnées entre les services des deux pays.
Les populations appelées à rester vigilantes
Le responsable de la police de Tengrela a également insisté sur le rôle des populations.
Pour lui, la collaboration entre les communautés locales et les forces de défense et de sécurité demeure essentielle pour détecter rapidement les mouvements suspects et faciliter les enquêtes.
Dans cette affaire, la rapidité de la transmission de l’information entre les services maliens et ivoiriens aura justement permis aux forces de sécurité de se mobiliser rapidement et de concentrer leurs recherches dans les zones susceptibles d’abriter les engins.
Cette dynamique est d’autant plus importante dans les régions frontalières, où les activités économiques et les déplacements de personnes s’effectuent quotidiennement de part et d’autre de la frontière.
À lire aussi : Libéria : l’ex-vice-présidente Jewel Howard-Taylor inculpée dans une affaire de trafic de drogue
Un troisième poclain toujours introuvable
Si deux des trois machines ont finalement été récupérées, l’enquête n’est pas terminée.
Le troisième poclain demeure activement recherché.
Les autorités poursuivent donc leurs investigations afin de localiser l’engin et de déterminer les circonstances précises de son acheminement.
L’affaire rappelle, au passage, les difficultés auxquelles sont confrontés les services de sécurité dans la lutte contre les vols de matériels lourds et leur déplacement à travers les frontières.
Dans ce dossier, la récupération des deux premiers engins aura surtout démontré l’importance du partage du renseignement et de la coopération entre les forces de sécurité.
Pour les autorités de Tengrela, cette opération constitue ainsi un résultat concret de la collaboration entre la Côte d’Ivoire et le Mali. Deux machines ont retrouvé leur propriétaire ; reste désormais aux enquêteurs à retrouver la troisième.
Rédaction DUNIA NEW’S















