
Le président du Parlement iranien affirme que Téhéran n’acceptera aucun accord sans résultats concrets et refuse toute remise en cause du programme nucléaire national.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a adopté un ton particulièrement ferme à l’égard des États-Unis après sa réélection à la tête du Majlis (Parlement iranien).
S’exprimant devant les députés à l’issue du vote qui l’a reconduit dans ses fonctions, le responsable iranien a assuré qu’il défendrait les intérêts du pays dans le cadre des discussions en cours avec Washington et qu’il ne soutiendrait aucun compromis jugé contraire aux intérêts nationaux.
À lire aussi : Iran : Des informations font état d’une possible démission du président Massoud Pezeshkian, Téhéran ne confirme pas
« Nous n’accepterons aucun accord qui ne produise pas de résultats concrets », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Iran exigeait des bénéfices tangibles avant de mettre en œuvre ses propres engagements.
Ces déclarations interviennent alors que les négociations indirectes entre Téhéran et Washington se poursuivent dans un climat marqué par la méfiance réciproque.
Depuis plusieurs mois, les responsables iraniens répètent que les précédents accords conclus avec les États-Unis n’ont pas apporté les garanties économiques attendues, notamment après le retrait américain de l’Accord sur le nucléaire iranien de 2015 sous la présidence de Donald Trump.
Pour Mohammad Bagher Ghalibaf, toute nouvelle entente devra donc être accompagnée de résultats immédiatement vérifiables, notamment en matière d’allègement des sanctions économiques.
Le président du Parlement a également insisté sur le fait que l’Iran ne renoncerait pas à ses capacités nucléaires.
Selon lui, aucune autorité iranienne n’acceptera la destruction des stocks stratégiques ou des infrastructures nucléaires du pays. Il a présenté le programme nucléaire comme un acquis national relevant de la souveraineté iranienne.
À lire aussi : États-Unis : Plus de 200 morts dans les frappes contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, la controverse enfle
Cette position rejoint celle exprimée ces derniers jours par plusieurs responsables politiques et militaires iraniens qui considèrent l’enrichissement de l’uranium comme un droit légitime du pays dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Sanctions contre enrichissement : le cœur du différend
L’un des principaux points de blocage entre Washington et Téhéran demeure la question de l’enrichissement de l’uranium.
Les États-Unis réclament des limitations strictes des activités nucléaires iraniennes tandis que les autorités iraniennes conditionnent toute concession importante à une levée effective des sanctions économiques qui frappent leur économie depuis plusieurs années.
Mohammad Bagher Ghalibaf a réaffirmé que l’Iran attendait des mesures concrètes sur ce dossier avant d’envisager des engagements supplémentaires.
Ces déclarations surviennent alors que les relations entre l’Iran et les États-Unis restent marquées par de fortes tensions diplomatiques et sécuritaires.
Les deux pays continuent de s’opposer sur plusieurs dossiers majeurs, notamment le programme nucléaire iranien, les sanctions économiques, la sécurité maritime dans le Golfe et l’influence régionale de Téhéran au Moyen-Orient.
À lire aussi : France : Macron condamne les violences après le sacre du PSG et promet une réponse « intraitable »
Malgré la poursuite des discussions, les déclarations de Mohammad Bagher Ghalibaf montrent que les dirigeants iraniens entendent maintenir une ligne de négociation particulièrement exigeante et qu’aucun accord ne semble envisageable à court terme sans concessions significatives de la part de Washington.
Pour de nombreux observateurs, cette réélection conforte également le poids politique de Ghalibaf dans l’appareil d’État iranien, à un moment où les débats sur l’avenir des relations avec les États-Unis occupent une place centrale dans la vie politique du pays.
Rédaction DUNIA NEW’S.















