
Le Conseil national de transition (CNT) du Mali a adopté ce lundi un nouveau plan d’action gouvernemental couvrant la période 2025-2026. Présenté par le chef du gouvernement, le général de division Abdoulaye Maiga, ce document stratégique se structure autour de huit axes prioritaires visant à renforcer la stabilité, relancer le développement et répondre aux attentes pressantes du peuple malien.
La séance plénière d’adoption s’est déroulée sur une journée intense, ponctuée de plusieurs phases de questions-réponses, de 9 h à 20 h 30. À l’issue des débats, le CNT, organe législatif de transition, a donné son approbation à un plan conçu pour répondre aux défis majeurs auxquels le pays est confronté, notamment dans un contexte régional transformé par la création de la Confédération des États du Sahel (AES).
Huit axes prioritaires pour une transformation profonde
Le plan met en avant des priorités clairement définies. En tête figure le renforcement de la sécurité, avec des mesures concrètes : acquisition de nouveaux équipements militaires, construction de camps dans plusieurs zones du territoire et recrutement de 15 000 soldats supplémentaires. Le gouvernement entend ainsi assurer une présence étatique renforcée sur l’ensemble du territoire national.
Dans le domaine de la sécurité intérieure, 9 000 agents supplémentaires seront recrutés pour renforcer les patrouilles et améliorer la sécurité routière. Cette démarche vise à rétablir la libre circulation des personnes et des biens, condition essentielle pour une reprise économique durable.
Les réformes structurelles de l’administration ne sont pas en reste. Un système intégré de gestion des ressources humaines de l’État (SIGRH) sera mis en œuvre, afin de mieux maîtriser les effectifs de la fonction publique et d’améliorer la performance globale des services de l’État.
Souveraineté alimentaire et transition énergétique au cœur du programme
L’un des piliers du plan concerne la souveraineté alimentaire. L’exécutif malien prévoit de porter la production céréalière à 11 millions de tonnes durant la campagne agricole 2025-2026. Une partie de cette récolte, soit plus de 17 000 tonnes, sera distribuée gratuitement aux populations les plus vulnérables.
Dans le secteur énergétique, le plan prévoit la construction de centrales solaires et hydroélectriques, ainsi que l’extension du réseau électrique pour répondre à la demande croissante des ménages et des industries. L’objectif affiché est d’assurer un accès plus équitable et plus fiable à l’énergie sur l’ensemble du territoire.
Une diplomatie proactive dans un contexte régional en mutation
Enfin, la diplomatie malienne sera consolidée pour s’adapter aux nouvelles dynamiques régionales, notamment avec l’AES, composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le gouvernement entend faire de cette alliance un levier stratégique pour renforcer sa souveraineté, sa sécurité collective et sa coopération économique.
Ce nouveau plan, ambitieux tant dans sa vision que dans ses moyens, marque une étape importante dans la transition politique en cours. Il devrait constituer une feuille de route cruciale pour remettre le pays sur la voie de la stabilité et du développement durable, dans un environnement régional en pleine recomposition.
Imam chroniqueur Babacar Diop















