Tanguiéta (Bénin) – Une atmosphère de peur règne dans l’arrondissement de Tanongou, dans le département de l’Atacora, au nord-ouest du Bénin. Depuis l’attaque armée contre le commissariat de Tanongou dans la nuit du 16 au 17 mai 2025, la population vit dans l’angoisse, et les conséquences humanitaires sont alarmantes : au moins six villages ont été totalement abandonnés par leurs habitants.
Les localités de Batia, Kayarika, Yangou, Sangou, Tanongou et Tchafarga sont aujourd’hui devenues des villages fantômes. Face à la menace directe de groupes armés terroristes, les résidents ont fui en urgence, abandonnant maisons, champs, bétail et possessions. Les témoignages de déplacés évoquent une attaque brutale et coordonnée : les assaillants, lourdement armés, ont incendié le commissariat, blessé un policier et menacé les habitants de représailles s’ils ne quittaient pas la zone.
Exode massif et détresse humanitaire
Les populations déplacées ont trouvé refuge à Tanguiéta, Toucountouna et dans d’autres localités environnantes. Toutefois, l’accueil reste précaire. Faute de dispositifs de prise en charge suffisants, les déplacés vivent dans des conditions difficiles, sans accès adéquat à l’eau, à la nourriture, à un abri sûr ou aux soins de santé. Les enfants sont déscolarisés, les familles séparées, et la peur d’un retour est omniprésente.
Plusieurs sources locales font état de cas d’enlèvements et d’intimidations persistantes. Cette situation fait craindre une installation durable des groupes armés dans les zones désertées, aux portes du parc de la Pendjari, une région stratégique mais difficile à sécuriser.
L’appel à l’État : « Agissez, avant qu’il ne soit trop tard »
Face à cette urgence sécuritaire et humanitaire, les populations déplacées lancent un appel pressant aux autorités béninoises. Elles réclament une présence militaire renforcée, la sécurisation des villages abandonnés et des mesures concrètes de soutien humanitaire.
L’absence de réaction rapide, selon plusieurs observateurs, pourrait aggraver une situation déjà critique et compromettre les efforts de stabilité dans cette zone frontalière avec le Burkina Faso, un pays également en proie à la violence jihadiste.
Pour l’heure, le silence de l’État inquiète, alors que la menace terroriste semble gagner du terrain au nord du Bénin. Entre espoir et résignation, les populations déplacées attendent des actes concrets pour retrouver leur dignité et regagner leurs terres.















