Sénégal : le budget 2027 ravive les tensions entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye
Votre Pub ici !

A Dakar, le débat autour de la prochaine loi de finances met en lumière les divergences grandissantes entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. En contestant l’orientation économique du gouvernement, le président du Pastef entend défendre ses engagements de rupture et s’opposer à un recours au Fonds monétaire international qu’il juge contraire à cette ambition.
Lors d’une conférence de presse le 19 octobre 2026, Ousmane Sonko a mis en garde contre une politique économique trop dépendante des exigences du FMI. Sa prise de position intervient alors que le Parlement doit examiner un projet de loi de finances adossé à un accord conclu avec l’institution financière le 1er septembre.
À lire aussi : CÔTE D’IVOIRE : OUATTARA ENVISAGE UN NOUVEAU REMANIEMENT MINISTÉRIEL, LE RHDP À LA RECHERCHE DE NOUVEAUX PROFILS
Derrière ce débat budgétaire se dessine un désaccord plus profond sur la conduite du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye privilégie une approche fondée sur la coopération avec les partenaires financiers internationaux, tandis que Sonko défend une ligne davantage axée sur la souveraineté économique et la rupture avec les politiques antérieures.
Les divergences se sont également manifestées autour de plusieurs dossiers politiques. Le refus du chef de l’État de soumettre les fonds de souveraineté de la présidence au vote parlementaire, ainsi que son soutien à la candidature de Macky Sall à l’ONU, ont alimenté les tensions entre les deux anciens alliés.
À lire aussi : RUSSIE-AFRIQUE : MOSCOU VEUT RENFORCER SON INFLUENCE SUR LE CONTINENT, 17 CHEFS D’ÉTAT ANNONCÉS AU SOMMET
Cette confrontation pourrait désormais peser sur l’examen du budget. En contestant les choix économiques de l’exécutif, Sonko cherche à maintenir son influence sur les orientations du pouvoir et auprès des militants du Pastef, sensibles au discours de rupture.
Pour Bassirou Diomaye Faye, l’enjeu est de préserver la stabilité financière du pays et de poursuivre ses engagements avec les partenaires internationaux. Pour Sonko, il s’agit de défendre une autre vision de la gouvernance économique.
À lire aussi : ÉGYPTE : AL-SISSI PROMET DE QUITTER LE POUVOIR EN 2030 ET VEUT FORMER SES FUTURS SUCCESSEURS À L’ACADÉMIE MILITAIRE
Le débat sur la loi de finances dépasse ainsi la seule question des recettes et des dépenses publiques. Il révèle deux approches de la rupture promise aux Sénégalais et pose une question centrale : jusqu’où les deux dirigeants pourront-ils maintenir leur cohabitation politique malgré leurs divergences ?
Patrice Assiongbon Sowanou













