
Le président russe Vladimir Poutine a appelé les États à réduire leur dépendance aux monnaies occidentales, estimant que l’utilisation du dollar américain et de l’euro expose les pays à d’éventuelles sanctions financières et à la perte d’accès à leurs propres actifs. Une déclaration qui s’inscrit dans le contexte des tensions persistantes entre la Russie et les puissances occidentales.
S’exprimant lors d’une intervention consacrée aux questions économiques et financières internationales, Vladimir Poutine a affirmé que de nombreux pays devraient tirer les leçons des expériences vécues par la Russie et l’Iran concernant le gel de leurs avoirs à l’étranger.
À lire aussi : Corée du Nord : L’une des armées les plus imposantes au monde continue d’impressionner par ses effectifs
Selon le chef du Kremlin, la détention d’importantes réserves en devises occidentales comporte désormais des risques stratégiques majeurs pour les États qui souhaitent préserver leur autonomie politique et économique.
« Tout comme la Russie, n’importe quel autre pays pourrait perdre instantanément l’accès à ses actifs légitimes en dollars ou en euros ainsi qu’aux systèmes de paiement occidentaux », a déclaré Vladimir Poutine, dénonçant ce qu’il considère comme une instrumentalisation des mécanismes financiers internationaux à des fins politiques.
Les propos du président russe interviennent dans un contexte marqué par les sanctions économiques imposées à Moscou depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022.
À la suite de l’intervention militaire russe, les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et plusieurs de leurs alliés ont adopté une série de mesures visant à limiter l’accès de la Russie au système financier international.
À lire aussi : Tchad : Les élections législatives et sénatoriales partielles se déroulent dans le calme à Haraz Al-Biar
Parmi ces mesures figurait notamment le gel d’une partie importante des réserves de change détenues par la Banque centrale russe à l’étranger. Cette décision avait été perçue à Moscou comme un tournant majeur dans l’utilisation des sanctions financières comme instrument de pression géopolitique.
La Russie avait également vu plusieurs de ses banques exclues du système international de messagerie financière SWIFT, compliquant les transactions avec de nombreux partenaires commerciaux.
Dans son argumentaire, Vladimir Poutine a également évoqué le cas de l’Iran, soumis depuis plusieurs décennies à diverses sanctions américaines et internationales.
Téhéran a régulièrement dénoncé les restrictions qui limitent son accès au système financier mondial et compliquent ses opérations commerciales internationales. Pour Moscou, cette situation démontre qu’aucun pays n’est totalement à l’abri d’éventuelles mesures coercitives lorsqu’il dépend fortement des infrastructures financières dominées par les puissances occidentales.
Depuis plusieurs années, la Russie cherche à réduire sa dépendance au dollar. Ce mouvement s’est considérablement accéléré après les sanctions imposées par les pays occidentaux.
Moscou a ainsi renforcé l’utilisation du rouble dans certaines transactions internationales, tout en développant les échanges commerciaux en monnaies nationales avec plusieurs partenaires, notamment la Chine, l’Inde et certains pays d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Amérique latine.
Cette politique s’inscrit dans une tendance plus large observée au sein de plusieurs économies émergentes qui souhaitent diversifier leurs réserves de change et réduire leur exposition aux fluctuations ou aux restrictions liées aux monnaies occidentales.
Les déclarations de Vladimir Poutine alimentent un débat de plus en plus présent au sein de plusieurs organisations internationales et regroupements économiques, notamment les BRICS.
Certains pays considèrent que la domination du dollar dans les échanges mondiaux offre aux États-Unis un levier d’influence considérable sur l’économie internationale. D’autres estiment toutefois que la monnaie américaine demeure incontournable en raison de la profondeur de ses marchés financiers, de la confiance des investisseurs et de son rôle central dans le commerce mondial.
Pour de nombreux économistes, une remise en cause du rôle du dollar ou de l’euro ne pourrait s’opérer que progressivement, tant les infrastructures financières internationales restent aujourd’hui largement structurées autour de ces devises.
À lire aussi : Côte d’ivoire -Kouto : au moins 18 blessés dans un violent affrontement lié à un conflit foncier.
Pour Vladimir Poutine, la question dépasse le simple cadre monétaire. Le président russe estime que la détention de réserves en devises occidentales peut devenir un facteur de vulnérabilité stratégique pour les États.
Selon lui, la diversification des réserves, le développement de systèmes de paiement alternatifs et l’utilisation accrue des monnaies nationales dans les échanges internationaux constituent désormais des éléments essentiels de la souveraineté économique.
Alors que les rivalités géopolitiques continuent de remodeler l’économie mondiale, le débat sur la place du dollar et de l’euro dans le système financier international devrait rester au cœur des discussions entre grandes puissances et économies émergentes dans les années à venir.
Rédaction DUNIA NEW’S.















