‎Fête de la tabaski / Imam Cheick Oumar Diakité : « Un acte de foi, de piété et de solidarité »

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‎Fête de la tabaski / Imam Cheick Oumar Diakité :  « Un acte de foi, de piété et de solidarité »

‎‎À l’approche de la Tabaski, fête musulmane majeure célébrée dans le monde entier, l’Imam Cheikh Oumar Diakité, guide religieux à la mosquée Rassoul Akram et vice-président d’une cellule de prières pour la paix en Côte d’Ivoire, nous éclaire sur la portée spirituelle et sociale de cet événement.‎‎C’etait au cours d’une interview réalisé au sein de sa mosquée située dans la commune de Koumassi, le lundi 02 juin 2025‎‎

Un geste hérité du Prophète Ibrahim‎‎

La Tabaski, aussi appelée Aïd el-Kébir, commémore le geste de foi du prophète Ibrahim (Abraham), prêt à sacrifier son fils Ismaël en obéissance à DIEU. ‎‎Un sacrifice symbolique, finalement remplacé par un bélier envoyé du ciel.

« Ce moment marque l’essence même de la soumission à Dieu et de la piété sincère », souligne l’Imam Diakité.‎‎

Une fête célébrée deux mois après celle du Ramadan

‎‎« La Tabaski se célèbre le 10e jour du mois de Dhou al-Hijja, l’un des quatre mois sacrés de l’islam », explique l’Imam.

Cette période vient compléter le cycle spirituel amorcé durant le Ramadan : prières, jeûne, sacrifice et une continuité spirituelle qui renforce la foi des fidèles.

‎‎Le choix de l’animal sacrifié‎‎

Tous les musulmans ne peuvent pas sacrifier, et cela est compris par la religion. ‎‎Le mouton (au moins âgé de 6 mois), la chèvre, la vache ou le chameau sont autorisés pour le sacrifice, à condition qu’ils soient en bonne santé.

Mais l’Imam insiste : « Le sacrifice est recommandé, pas obligatoire. Il ne faut ni s’endetter, ni mendier pour cela. »‎‎

Une question d’intention

‎‎Au-delà de l’acte physique, l’intention spirituelle est primordiale. « DIEU ne veut ni la viande ni le sang, mais la piété », rappelle l’Imam. ‎‎Il met en garde contre les sacrifices motivés par l’ostentation : « Un mouton offert par orgueil ou pour la compétition sociale perd toute valeur spirituelle. »‎‎

Une fête de partage‎‎

Le partage est au cœur de la Tabaski. La viande doit être répartie entre la famille, les voisins, les nécessiteux, voire même des non-musulmans.

‎‎« C’est une occasion de renforcer la solidarité, la cohésion sociale et la fraternité entre tous », souligne-t-il.‎‎

Rites et temporalité‎‎

Le sacrifice peut s’effectuer sur trois jours : le jour de la fête (10e jour de Dhou al-Hijja) et les deux suivants. Passé ce délai, il n’est plus valide selon la majorité des savants. ‎‎

La prière de la Tabaski, quant à elle, a lieu le matin, en communauté, suivie du sermon (khutba) avant le sacrifice.‎‎

Consommation responsable‎‎

Traditionnellement, la viande est consommée dans les trois jours suivant le sacrifice. ‎‎« Cela évite qu’on la garde égoïstement alors que des voisins n’ont rien à manger. Mais si on a les moyens de la conserver, ce n’est pas interdit », nuance l’Imam.‎‎

Soulignons que la Tabaski est bien plus qu’un rituel de sacrifice. Elle incarne l’obéissance, la sincérité, le renoncement à l’orgueil et l’amour du prochain.

‎‎Un message que l’Imam Cheikh Oumar Diakité transmet avec humilité et ferveur, dans l’espoir que cette fête renforce les liens de paix et de solidarité en Côte d’Ivoire.‎‎

Découvrez l’intégralité de cette Interview

‎Fête de la tabaski / Imam Cheick Oumar Diakité :  « Un acte de foi, de piété et de solidarité »

‎Zon Modou : Quel est le sens religieux profond de la Tabaski ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité :‎‎ La Tabaski, aussi appelée Aïd al-Adha, commémore l’acte de foi du prophète Ibrahim (Abraham) qui accepta de sacrifier son fils Ismaël sur ordre divin. ‎‎

DIEU, en récompense de cette obéissance, remplaça l’enfant par un bélier descendu du ciel. Ce geste symbolise la soumission totale à la volonté divine, la piété et le détachement des biens matériels. ‎‎

C’est ce rituel que les musulmans reproduisent chaque année, en sacrifiant un animal en mémoire de cet acte de foi.‎‎

Zon Modou : Pourquoi la Tabaski intervient-elle deux mois après le Ramadan ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité :‎‎ Le calendrier islamique est lunaire et comprend douze mois, dont quatre sont sacrés : Rajab, Dhou al-Qi’da, Dhou al-Hijja et Mouharram. ‎‎

La Tabaski a lieu le 10e jour de Dhou al-Hijja, dernier mois du calendrier. Cet intervalle de deux mois après le Ramadan permet aux fidèles de rester dans une dynamique spirituelle continue, faite de prières, jeûnes surérogatoires, préparation au sacrifice, et approfondissement de la foi.

‎‎‎Zon Modou : Quels types d’animaux peuvent être sacrifiés ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité : La loi islamique accepte plusieurs types d’animaux :

‎‎Le mouton, à partir de six mois‎‎

La chèvre‎‎La vache, à partir d’un an‎‎

Le chameau

‎‎Cependant, l’animal doit être sain, sans défaut visible : il ne doit pas être aveugle, boiteux, trop maigre ou malade. L’objectif est d’offrir à DIEU le meilleur, en signe de sincérité et de dévotion.‎‎

Zon Modou : Et pour ceux qui n’ont pas les moyens ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité : Le sacrifice est une recommandation forte (sunna mouakkada), mais il n’est pas obligatoire. Il ne faut pas s’endetter ni mendier pour l’accomplir. ‎‎

Ce que DIEU attend, ce n’est pas la viande, mais la piété du cœur. Le croyant qui n’a pas les moyens n’est en aucun cas fautif s’il ne sacrifie pas.‎‎

Zon Modou : Quel doit être l’état d’esprit au moment du sacrifice ?

‎‎Imam Cheikh Oumar Diakité : La sincérité est primordiale.

Le sacrifice perd toute sa valeur spirituelle s’il est fait par ostentation, pour impressionner ou rivaliser avec autrui. ‎‎

DIEU ne regarde ni la quantité ni l’apparence de la bête, mais l’intention du cœur. L’acte doit être humble, dénué d’orgueil.‎‎

Zon Modou : Comment la viande doit-elle être partagée ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité : Le partage est au cœur de la Tabaski.

Le Coran recommande de diviser la viande en trois parts :‎‎Une pour sa propre famille‎‎Une pour ses voisins‎‎Une pour les plus démunis, y compris les non-musulmans‎‎Ce geste vise à renforcer la fraternité, la solidarité et la cohésion sociale, au-delà des frontières religieuses.

‎‎Zon Modou : Combien de temps peut-on consommer la viande ?

‎‎Imam Cheikh Oumar Diakité : Idéalement, elle devrait être consommée dans les trois jours suivant le sacrifice.

Cela encourage à partager rapidement avec ceux qui en ont besoin. ‎‎Toutefois, ce n’est pas une règle absolue.

Avec les moyens de conservation modernes (réfrigérateurs, congélateurs), il est permis de la garder plus longtemps, tant que l’esprit de partage n’est pas négligé.‎‎

Zon Modou : Sur quelle période le sacrifice peut-il être accompli ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité : Le sacrifice peut se faire durant les trois jours suivants la prière de la Tabaski :‎‎

Le 10e jour de Dhou al-Hijja (jour de la fête)‎‎Et les deux jours suivants (11e et 12e jours)‎‎Passé ce délai, le sacrifice n’est plus considéré comme valide selon la majorité des écoles juridiques musulmanes.‎‎

Zon Modou : Et la prière de la Tabaski, en quoi consiste-t-elle ?‎‎

Imam Cheikh Oumar Diakité : Elle se tient le matin du jour de la fête, généralement en plein air ou dans les grandes mosquées. ‎‎

Elle est dirigée par l’Imam ou un autre guide religieux. Cette prière est suivie d’un sermon (khutba) portant sur le sens de la fête, puis du sacrifice. C’est un moment de communion intense entre les fidèles.‎‎

Synthese ‎‎

À travers cette fête, l’Islam invite au dépassement de soi, au partage et à la sincérité dans la foi. L’Imam Cheikh Oumar Diakité nous rappelle que l’essence de la Tabaski ne réside ni dans la taille de la bête ni dans son prix, mais dans la pureté de l’intention.‎‎

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