
Au Sénégal, les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans la santé maternelle et néonatale. Elles assurent un accompagnement médical, psychologique et social tout au long de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum. Cependant, elles font face à de nombreux défis qui entravent l’exercice optimal de leur profession.
Un rôle central dans les soins de santé
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les sages-femmes formées et qualifiées selon les normes internationales peuvent fournir 87 % des services dont ont besoin les mères et les nouveau-nés. Au Sénégal, la présidente de l’Association nationale des sages-femmes d’État du Sénégal (ANSFES), Bigué Ba Mbodji, souligne :
« L’Organisation mondiale de la santé nous dit : ‘une sage-femme c’est pour 300 femmes en âge de reproduction’ et au Sénégal c’est une sage-femme pour 3 000. Cela veut dire que le déficit est énorme. »
Ce déficit impacte directement la qualité des soins prodigués aux femmes et aux nouveau-nés, en particulier dans les zones rurales.

Défis et obstacles persistants
Malgré leur engagement, les sages-femmes au Sénégal sont confrontées à divers défis :
Pénurie de personnel : Le Sénégal compte environ 1 726 sages-femmes en activité, alors que près de 2 000 sont au chômage, malgré les besoins croissants en santé maternelle.
Conditions de travail précaires : Les sages-femmes font face à des charges de travail élevées, à un manque de ressources et à des infrastructures inadéquates, en particulier dans les zones rurales.
Formation inégale : Des lacunes dans les connaissances fondamentales et l’absence de formation continue limitent la qualité des soins. La prolifération d’écoles de formation non réglementées suscite des inquiétudes quant à la qualité de l’enseignement dispensé.
Reconnaissance professionnelle limitée : Peu de sages-femmes accèdent à des postes de leadership ou à des fonctions universitaires, ce qui limite leur influence sur les politiques de santé.
Impact du changement climatique sur la santé maternelle
Le changement climatique constitue un défi sanitaire majeur. Il se manifeste par une augmentation des vagues de chaleur et des catastrophes naturelles qui affectent de manière disproportionnée les femmes et les bébés. La présidente de l’ANSFES, Bigué Ba Mbodji, affirme :
« Les sages-femmes sont une solution vitale pour adapter les systèmes de santé au changement climatique et réduire les émissions de carbone du secteur de la santé. »
Elle souligne également que les soins prodigués par les sages-femmes améliorent les résultats en matière de santé et contribuent à la durabilité environnementale.
Plaidoyer pour un ordre professionnel
Lors des 8es Journées scientifiques de l’ANSFES, les sages-femmes ont réitéré leur appel à la création d’un ordre professionnel pour encadrer leur métier. Bigué Ba Mbodji déclare :
« Un rapport a révélé que des millions de décès néonatals pourraient être évités si davantage de sages-femmes étaient recrutées, mais surtout réglementées. C’est pourquoi nous formulons une demande pour que l’ordre national des sages-femmes soit une réalité. »
Initiatives communautaires et sensibilisation
Des initiatives telles que les « 48 heures de l’ANSFES » à la Médina visent à promouvoir la santé des populations locales. Ces événements incluent des activités de santé publique gratuites, telles que le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, ainsi que des campagnes de sensibilisation à la santé prénatale.

Conclusion
Les sages-femmes sont des actrices indispensables de la santé publique au Sénégal. Reconnaître leur rôle, améliorer leurs conditions de travail et investir dans leur formation sont des étapes cruciales pour réduire la mortalité maternelle et néonatale et promouvoir des soins de qualité pour toutes les femmes.
imam chroniqueur Babacar Diop















