
PARIS — La France franchit une nouvelle étape dans sa politique de limitation de l’usage des téléphones portables à l’école. À partir de la rentrée scolaire 2026-2027, l’utilisation du téléphone mobile et des autres équipements de communication électroniques sera interdite aux élèves de la maternelle jusqu’au lycée.
La mesure, annoncée par le ministère de l’Éducation nationale à l’approche de la rentrée, vise à instaurer une scolarité « complète sans téléphone portable » et à limiter la place des écrans dans le quotidien scolaire.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a présenté cette évolution comme l’un des changements importants de la rentrée 2026. Le ministère indique que les élèves bénéficieront désormais d’une scolarité sans téléphone, de l’école au lycée.
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Une interdiction qui s’étend désormais au lycée
Cette décision ne constitue pas une interdiction entièrement nouvelle.
Depuis 2018, l’utilisation des téléphones portables était déjà interdite dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, avec des possibilités d’exception prévues notamment pour certains usages pédagogiques.
Le changement majeur intervient donc au niveau du lycée.
La loi n° 2026-813 du 24 août 2026, publiée au Journal officiel, a modifié l’article L. 511-5 du Code de l’éducation afin d’étendre explicitement l’interdiction aux lycées. Les nouvelles dispositions entrent en vigueur à la rentrée scolaire 2026-2027.
Le texte prévoit que l’utilisation d’un téléphone mobile ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques par un élève est interdite dans les écoles, les collèges et les lycées, ainsi que durant les activités d’enseignement organisées à l’extérieur de l’établissement.
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La règle concerne donc également certains objets connectés, et pas uniquement les smartphones.
Les établissements devront organiser concrètement la mise à l’écart
L’interdiction nationale ne signifie pas que tous les établissements appliqueront exactement le même dispositif.
Chaque lycée doit désormais préciser dans son règlement intérieur les modalités concrètes de mise à l’écart des téléphones et autres objets connectés.
Plusieurs solutions sont possibles.
Certains établissements peuvent notamment prévoir des casiers individuels, dans lesquels les élèves déposent leur téléphone à leur arrivée. D’autres peuvent utiliser des boîtes collectives ou encore des pochettes individuelles verrouillables.
Le ministère et le service public précisent que chaque établissement dispose ainsi d’une marge d’organisation pour mettre en œuvre la mesure en fonction de ses réalités.
Cette souplesse vise notamment à éviter d’imposer un dispositif matériel unique à l’ensemble des milliers d’établissements scolaires français.
Que risque un élève qui utilise son téléphone ?
Le non-respect de la règle pourra entraîner différentes réponses de la part de l’établissement.
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La loi autorise notamment la confiscation du téléphone, selon les modalités définies dans le règlement intérieur.
Une sanction disciplinaire peut également être prononcée lorsqu’elle est prévue et justifiée par les règles de l’établissement.
Le ministère insiste cependant sur le principe d’une réponse adaptée, individuelle, graduée et proportionnée. Il ne s’agit donc pas nécessairement de sanctionner tous les élèves de la même manière pour chaque infraction.
Le règlement intérieur doit préciser notamment les conditions de confiscation et de restitution de l’appareil.
Des exceptions restent prévues
Malgré l’annonce d’une scolarité sans téléphone, la réglementation prévoit plusieurs exceptions.
Les établissements peuvent notamment autoriser certains usages pédagogiques encadrés lorsqu’ils sont nécessaires à une activité scolaire.
Des exceptions peuvent également être prévues dans certaines situations liées au fonctionnement de l’établissement, notamment au centre de documentation et d’information, à la restauration ou à l’hébergement.
Une exception particulière concerne les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant.
Lorsqu’un équipement connecté est nécessaire pour des raisons médicales, son utilisation reste autorisée dans les conditions prévues par la réglementation.
Pourquoi le gouvernement veut-il limiter les téléphones ?
Pour le ministère de l’Éducation nationale, la mesure répond principalement à des préoccupations liées à la concentration, au climat scolaire et à l’exposition aux écrans.
Le gouvernement estime que l’utilisation excessive ou inappropriée des téléphones peut perturber les apprentissages, favoriser certaines incivilités et compliquer les relations entre élèves.
Le ministère évoque également les risques liés au cyberharcèlement, à l’accès à certains contenus et à la diminution des interactions directes entre jeunes.
L’objectif affiché est donc de faire de l’établissement scolaire un espace davantage consacré aux apprentissages et aux relations sociales directes.
Une mesure étendue après plusieurs années d’expérimentation
La France n’a pas décidé du jour au lendemain de supprimer les téléphones des établissements scolaires.
Le principe d’interdiction à l’école et au collège existe depuis plusieurs années. Le dispositif « Portable en pause », notamment, a été généralisé dans les collèges à partir de la rentrée 2025.
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Les autorités ont ensuite décidé d’étendre cette logique au lycée afin de créer une continuité tout au long de la scolarité.
Le ministère considère que cette continuité est importante : un élève ne doit plus connaître un changement radical de règles lorsqu’il passe du collège au lycée.
Des établissements déjà préparés
Tous les lycées ne partiront cependant pas de zéro.
Selon le ministère, 28 % des lycées interrogés avaient déjà mis en place, avant la rentrée 2026, un dispositif équivalent à « Portable en pause ».
Certains établissements disposent donc déjà de procédures permettant de récupérer les téléphones au début de la journée et de les restituer à la fin des cours.
Mais la généralisation de la mesure pose aussi des questions pratiques.
Dans certains établissements, les chefs d’établissement doivent encore définir précisément les lieux de stockage, les modalités de surveillance et les procédures à suivre en cas de refus d’un élève.
La question est particulièrement délicate dans les grands lycées où plusieurs milliers d’élèves peuvent circuler quotidiennement.
Une mise en œuvre qui suscite déjà des interrogations
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L’annonce intervient à quelques jours seulement de la rentrée.
Selon Le Monde, plusieurs établissements rencontrent déjà des difficultés pour mettre en œuvre concrètement la nouvelle interdiction, notamment parce que leurs règlements intérieurs doivent être adaptés et que les conseils d’administration doivent parfois se prononcer sur les modalités précises.
Le quotidien rapporte également que certains chefs d’établissement s’interrogent sur la capacité des personnels à faire respecter la règle dans des campus importants.
Une autre difficulté tient au fait que le téléphone est devenu un outil utilisé dans certaines dimensions de la vie scolaire : emplois du temps numériques, devoirs, services de restauration ou communication avec l’établissement.
L’interdiction devra donc être accompagnée d’une organisation suffisamment claire pour éviter que la mesure ne provoque des conflits inutiles.
Le téléphone ne disparaît pas complètement de l’environnement scolaire
La nouvelle réglementation ne signifie pas que les élèves devront nécessairement laisser leur téléphone à la maison.
Le principe est celui d’une interdiction de son utilisation par les élèves dans le cadre scolaire, avec des modalités de mise à l’écart déterminées par les établissements.
Un lycéen pourra donc, selon les règles de son établissement, arriver avec son téléphone, mais devra le conserver hors d’usage pendant la période concernée.
Certains lycées pourront également prévoir des modalités particulières pour les étudiants inscrits dans des formations de l’enseignement supérieur, comme les classes préparatoires ou les sections de techniciens supérieurs.
Une rentrée scolaire sous le signe du « numérique raisonné »
La mesure s’inscrit dans une politique plus large du gouvernement français visant à encadrer l’exposition des jeunes aux écrans.
Le ministère défend l’idée d’un « numérique raisonné » : il ne s’agit pas de rejeter les outils numériques, mais de mieux distinguer les usages utiles à l’apprentissage de ceux qui peuvent perturber la vie scolaire.
Le gouvernement rappelle d’ailleurs que les outils numériques peuvent être utilisés comme supports pédagogiques lorsqu’ils sont encadrés par les enseignants.
L’objectif est donc de limiter l’usage personnel et récréatif du téléphone tout en conservant les outils numériques lorsqu’ils présentent un intérêt éducatif.
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Une nouvelle habitude pour des millions d’élèves
La rentrée du 1er septembre 2026 marque ainsi un changement important dans la vie quotidienne des élèves français.
D’après les chiffres communiqués par le ministère, environ 11,6 millions d’écoliers, collégiens et lycéens doivent reprendre le chemin des établissements scolaires pour cette nouvelle année.
Tous sont désormais concernés par le principe d’une scolarité sans utilisation du téléphone portable.
La France généralise ainsi une politique commencée dans les écoles et les collèges pour l’étendre jusqu’au lycée.
Reste maintenant à observer la manière dont les établissements feront respecter cette nouvelle règle sur le terrain.
À partir de septembre 2026, le smartphone ne sera donc plus un objet utilisable librement par les élèves dans les établissements scolaires français : de la maternelle au lycée, son usage sera encadré par une interdiction nationale, avec des exceptions précises et des sanctions pouvant aller jusqu’à la confiscation ou à une mesure disciplinaire.
Rédaction DUNIA NEW’S















